- L’homme, récemment élu dans une commune des Côtes-d’Armor, a été placé en garde à vue, soupçonné d’avoir dirigé un groupe à caractère sectaire sur les réseaux sociaux.
- Six jeunes femmes ont été identifiées par les enquêteurs comme victimes potentielles, dont une mineure de 17 ans à l’époque des faits.
Il venait, fin mars, d’être élu maire d’une petite commune des Côtes-d’Armor. Le 28 avril, l’édile breton, dont le nom n’a pas été communiqué par la justice, est interpellé et placé en garde à vue par les militaires de la section de recherches de la gendarmerie de Marseille, avant d’être placé en détention par un juge de Saint-Brieuc. Ce qui est reproché à cet homme d’une vingtaine d’années ? D’avoir dirigé pendant plusieurs années… un groupe à caractère sectaire (nouvelle fenêtre) sur les réseaux sociaux, dans lequel il aurait manipulé et exploité plusieurs jeunes femmes.
Tout commence en octobre 2022. Une étudiante de 21 ans dépose plainte dans la Mayenne : elle accuse ce maire de la menacer de mort si elle quitte un groupe de discussions créé sur un réseau social (nouvelle fenêtre) se présentant comme spécialisé dans « la rencontre de personnes à haut potentiel intellectuel »
, précise le procureur de Toulon, Raphaël Balland.
Derrière cette façade, une organisation hiérarchisée, des règles strictes et un homme qui se présente comme « l’absolu »
et le « divin »
. Les participants, « adeptes de spiritualité et de philosophie, se voyaient promettre la possibilité d’atteindre le ‘cinquième palier d’instruction ultime’ à condition de suivre l’enseignement de cet homme, qui aurait exigé de certaines femmes une dévotion totale »
, ajoute le magistrat.
Jusqu’à 30.000 euros soutirés à une victime
Les investigations menées par la gendarmerie permettent rapidement de remonter jusqu’à cinq autres jeunes femmes sur l’ensemble du territoire, susceptibles d’avoir elles-aussi été victimes du même homme, dont l’une âgée seulement de 17 ans à l’époque. Outre « un contrôle très intrusif dans la vie personnelle et intime de ces jeunes femmes »
, le mis en cause aurait instauré « des contributions financières »
, allant de « quelques centaines d’euros »
à « près de 30.000 euros déboursés pour l’une d’elles »
.
« L’une de ces femmes affirmait avoir vécu des violences psychologiques et avoir subi des actes sexuels sous la contrainte »
, ajoute encore le communiqué.
En garde à vue, l’homme a contesté que son comportement puisse être « pénalement répréhensible »
, indique Raphaël Balland. Il sera présenté dans les prochains jours au magistrat instructeur de Toulon, qui décidera des éventuelles mises en examen et statuera sur son maintien en détention. Il est pour l’heure poursuivi pour menaces de mort et abus de faiblesse dans le cadre d’un groupement « poursuivant des activités créant, maintenant ou exploitant la sujétion psychologique des participants »
, la définition juridique d’un groupe à caractère sectaire.









