L’éducation nationale ne dispose « à ce stade » d’aucune information sur une « situation de harcèlement » scolaire ayant précédé le suicide d’une collégienne de 12 ans dans les Pyrénées-Orientales, a fait savoir, samedi 24 janvier, le rectorat de Montpellier.
« Des vérifications sur ce point ont été menées toute la journée d’hier [vendredi] par un inspecteur d’académie, qui s’est rendu sur place. Les premiers éléments qui en sont issus ne permettent pas de parler d’un contexte de harcèlement en milieu scolaire », a estimé la directrice académique des services de l’éducation nationale (Dasen) des Pyrénées-Orientales, Anne-Laure Arino, selon un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP) par le rectorat.
Une enquête « en recherche des causes de la mort » a été ouverte après le suicide dans la nuit de jeudi à vendredi de cette adolescente scolarisée dans un collège d’Ille-sur-Têt, à 25 kilomètres à l’ouest de Perpignan, avait annoncé, vendredi, le parquet à l’AFP. « Il s’agit bien d’un suicide qui pourrait être en lien avec du harcèlement. C’est en tout cas ce que semble exprimer l’écrit qu’elle a laissé », avait précisé le procureur de Perpignan, Jérôme Bourrier.
« Toutes les vérifications vont être menées »
« Face aux interrogations qui peuvent se poser, toutes les vérifications vont être menées sans délai afin de faire la lumière sur le contexte scolaire dans lequel ce drame est survenu », écrit encore le rectorat. « Ce collège est par ailleurs labellisé pHARe [programme de lutte contre le harcèlement à l’école] depuis 2024. Il s’agit d’un dispositif de prévention et de traitement des situations de harcèlement reposant sur la mobilisation des équipes éducatives et des élèves », poursuit-il. Dans ce contexte, « tous les personnels de l’établissement, enseignants, personnels de vie scolaire, de direction et santé-social ont été formés spécifiquement à la prévention et à la lutte contre le harcèlement en mai 2025 », ajoute-t-il.
Une enquête avait également été ouverte au cours de la semaine par le parquet de Saint-Nazaire après le suicide à l’hôpital, au début du mois, d’une adolescente de 14 ans, victime de harcèlement scolaire, selon sa famille. Une semaine plus tôt, Camélia, 17 ans, avait mis fin à ses jours en gare de Mitry-Mory (Seine-et-Marne) après avoir dénoncé une situation similaire. Deux enquêtes sont en cours pour « harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider ».
Selon une étude de l’association e-Enfance, publiée à la fin du mois d’octobre, 37 % des jeunes sont victimes de harcèlement ou de cyberharcèlement, un chiffre qui ne diminue pas avec l’âge : 35 % sont en primaire, et 40 %, au lycée. Le harcèlement se produit majoritairement au sein même des établissements scolaires (physiquement, 71 %), mais aussi lors d’activités extrascolaires (17 %), selon cette étude.
Les victimes invoquent différents motifs – la jalousie ou l’envie (24 %), les différences physiques (20 %), les différences de look (16 %) –, révélateurs de discriminations préoccupantes.









