Un programme de choix attend, en 2026, les spectateurs du MACH 36, la salle de concerts modulable de l’agglomération de Châteauroux, située à Déols (Indre) : Supertramp, Pink Floyd, ABBA, Queen… – excusez du peu. Petit bémol, cependant : les groupes et artistes attendus ne sont pas… les vrais.
Les noms dont ils s’affublent – Covertramp, So Floyd, ABBA Gold, The World of Queen… – trahissent leur appartenance à un phénomène en vogue dans l’industrie musicale : les tribute bands, ces formations spécialisées dans le répertoire d’un groupe éteint ou d’une personnalité disparue. Voire d’un chanteur ayant décidé de ne plus se produire en public, comme Jean-Jacques Goldman. Sa retraite prématurée, en 2004, a donné naissance à une demi-douzaine d’orchestres professionnels voués à l’interprétation de ses succès. Le plus aguerri d’entre eux, les Goldmen, était sur la scène du MACH 36, le 10 janvier, deuxième étape d’une tournée marathon d’une centaine de dates.
La formation a été créée en 2010 par Alain Stevez, un ancien pilote de grue de chantier qui, le samedi soir, arrondissait ses fins de mois en poussant la chansonnette dans les bals et les kermesses du nord de la France. Timbre haut perché et cheveux mi-longs, le sosie vocal et son groupe – période Fredericks Goldman Jones – livrent ce soir-là une prestation confondante de similitude avec l’authentique, devant 2 000 personnes qui n’en demandaient pas tant. « Vu qu’il n’est plus possible de voir le véritable Goldman, on aurait tort de ne pas se satisfaire de ce type de concert qui permet, au-delà de la personnalité du chanteur, de faire revivre les chansons qu’il a écrites », assure Jean-Martial (qui n’a pas donné son nom), 64 ans, un ancien salarié de Renault, en région parisienne, revenu s’installer dans le Berry.
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