Dans les rafales de directives présidentielles que Donald Trump tire de la Maison Blanche, l’une concerne l’Afghanistan – ou plutôt les Afghans. Fin janvier-début février, les Etats-Unis ont décidé de suspendre l’immigration en provenance de ce pays. Ils ont bloqué un programme de visas destiné à accueillir ceux qui les ont aidés durant la guerre contre les talibans.
Anciens militaires, auxiliaires de l’armée américaine, chauffeurs, « fixeurs », interprètes, sans compter leurs familles, ils sont toujours des milliers à être candidats au départ, selon le New York times du 25 janvier ; les voilà aujourd’hui abandonnés à la soldatesque islamiste au pouvoir à Kaboul. Trahison ? Peut-être. En tout cas, cette histoire, exemplaire de ce moment de repli de l’Amérique sur elle-même qu’est l’ère Trump II, n’est pas sans rapport avec l’actualité russo-ukrainienne.
En Afghanistan, le « roi de la négociation » a, lors de son premier mandat, procédé comme il semble en voie de le faire en Ukraine face à la Russie de Vladimir Poutine. Pour se débarrasser d’un problème, on cède au plus fort. On abandonne, on brade, on bâcle. Et on proclame le « succès » d’une négociation qui aura surtout relevé de la débandade pure et simple. Le scénario afghan est le sujet du dernier livre de François Forestier Kaboul. Partir ou mourir, le destin d’une nation (Saint-Simon, 226 pages, 22,90 euros), adapté de la série Kaboul, d’Olivier Demangel et de Thomas Finkielkraut, disponible depuis le 24 mars sur France.tv.
Car Donald Trump première manière (2016-2020) n’est pas étranger au retour des talibans dans les palais officiels de l’émirat islamique d’Afghanistan. Certes, le retrait des dernières forces américaines encore dans ce pays, à l’été 2021, fut l’une des premières décisions de Joe Biden arrivé à la Maison Blanche. Et, certes, le président démocrate porte la responsabilité de ce qui fut alors une débâcle. Mais Trump avait préparé le terrain.
Un mauvais « deal »
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