- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé ce dimanche le test futur du nouveau système franco-italien de défense antiaérienne SAMP/T.
- Celui-ci, pensé pour contrer les missiles balistiques, est présenté comme une alternative au Patriot américain.
- Entrée en service, portée, mission… TF1info fait le point.
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Ukraine : la guerre entre dans sa 5ᵉ année
Pour contrer les missiles balistiques russes, Kiev fait appel à la France. Deux jours après une rencontre avec Emmanuel Macron à Paris, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé ce dimanche 15 mars la réception, et le test prochain, du nouveau système franco-italien de défense antiaérienne SAMP/T, présenté comme une alternative au Patriot américain.
« Nous verrons si les nouveaux systèmes SAMP/T sont capables d’intercepter des missiles balistiques. Nous recevrons un système cette année que nous testerons contre des menaces balistiques »
, a déclaré le chef d’État ukrainien à un groupe de journalistes dont l’AFP.
Qui l’a conçu ?
Comme son prédécesseur le SAMP/T (pour Sol-air moyenne portée terrestre), le SAMP/T NG (pour « nouvelle génération ») est le fruit d’un partenariat entre la France et l’Italie, mené par le consortium Eurosam regroupant les branches italienne et française du fabricant de missiles MBDA ainsi que Thales, le groupe d’électronique et de défense français.
Quand entrera-t-il en service ?
Ce système doit entrer en service dans l’armée française en 2027 et Paris doit s’en doter de huit exemplaires, selon un rapport budgétaire gouvernemental. L’Ukraine en recevra un dès cette année pour le tester.
Qu’est-il capable de faire ?
Le SAMP/T NG a une portée de détection supérieure à 350 kilomètres et d’interception de la cible à 150 kilomètres. Si son prédécesseur, le SAMP/T entré en service en 2010 – et dont un exemplaire a été cédé à l’Ukraine – a été conçu pour intercepter des avions, des drones et peut traiter des « cibles balistiques rustiques »
comme le précise le rapport budgétaire, le SAMP/T NG devrait quant à lui pouvoir détruire des missiles balistiques et missiles hypersoniques manœuvrants.
Une source industrielle impliquée dans le programme a récemment expliqué à l’AFP que si le système SAMP/T n’est pas apte à intercepter un missile balistique russe Iskander, capable de manœuvres en forme de rebond au cours de sa descente, « le SAMP/T NG, lui, en sera capable »
. Il utilise pour cela un nouveau radar multifonction à 360°, le Ground Fire, qui garantit, selon Thales (nouvelle fenêtre), « une détection à haute probabilité et une précision de suivi, même dans des environnements encombrés et de contre-mesure »
. Il peut également « traquer plus de 1.000 cibles »
.
Le système SAMP/T NG intègre en outre le missile Aster 30 B1NT (nouvelle technologie), actuellement en phase de tests, qui peut atteindre une cible volant à 25.000 mètres d’altitude. L’objectif du missile est de « faire un impact direct, au niveau de la pointe du missile balistique pour détruire la charge »
explosive qu’il emporte, selon la source industrielle. « On vise le ‘hit-to-kill' »
, soit la destruction d’une cible grâce à sa collision avec le missile intercepteur, « mais il y a une charge militaire qui détonne à proximité immédiate »
de la menace s’il la rate, ajoute-t-elle.
Quels sont les autres acquéreurs ?
Outre la France et l’Italie, le Danemark a décidé d’acquérir le SAMP/T NG, quand son prédécesseur n’avait jamais trouvé preneur à l’export. Selon Volodymyr Zelensky, dès que le système « commencera à intercepter des missiles balistiques, la file d’attente (
de clients potentiels, ndlr) se formera »
. « Et, bien sûr, Emmanuel (Macron) et moi sommes convenus que l’Ukraine sera la première sur la liste »
, a-t-il indiqué.











