- Un olivier planté dans la banlieue de Lyon en hommage à Ilan Halimi a été en partie sectionné le week-end dernier, a indiqué lundi la commune de Saint-Genis-Laval.
- Une enquête a été ouverte pour retrouver les coupables, a annoncé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
- En août 2025 déjà, un arbre en sa mémoire avait été abattu en Seine-Saint-Denis.
« Une offense à la mémoire d’un jeune homme assassiné ». Un olivier planté dans la banlieue de Lyon en hommage à Ilan Halimi, jeune Français juif torturé à mort en 2006, a été en partie sectionné le week-end dernier, a indiqué lundi 12 janvier la ville concernée. « Les services de la Ville de Saint-Genis-Laval ont constaté avec effroi ce matin que l’olivier planté le 3 septembre 2025 dans le parc de la Villa Chapuis, en mémoire d’Ilan Halimi, avait été en partie scié dans la nuit de samedi à dimanche »
, a indiqué la maire Marylène Millet sur le compte Facebook de cette commune de la banlieue proche de Lyon.
« Cet acte indigne, qui vise un symbole de mémoire, de lutte contre l’antisémitisme, de paix et de fraternité, constitue une atteinte grave aux valeurs de la République »,
a ajouté l’élue. « Si l’arbre a été gravement mutilé, il n’est à ce stade pas menacé »,
précise-t-elle, assurant qu’un nouvel olivier sera planté.
Un « acte de haine qui est abject »
« Nous retrouverons les coupables »,
a promis le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur X (nouvelle fenêtre). « Notre indignation est collective, notre détermination sans faille à lutter contre les actes antisémites, antireligieux, qui salissent aujourd’hui la mémoire d’un innocent »,
a-t-il réagi. La préfète de région Fabienne Buccio a dénoncé, également sur X, un « acte de haine qui est abject »
et annoncé l’ouverture d’une enquête par les gendarmes.
« Cet acte n’est pas un simple fait divers »,
estime quant à lui le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) d’Auvergne-Rhône-Alpes. « C’est une offense à la mémoire d’un jeune homme assassiné parce qu’il était juif. Nous ne parlerons pas de hasard ni de malchance. Nous parlons d’antisémitisme, dans sa forme la plus crue et la plus visible, dans un lieu de mémoire, devant un symbole de vie et d’espoir »,
a estimé dans un communiqué la directrice, Chantal Devillez.
En août 2025, un arbre en mémoire d’Ilan Halimi avait été abattu à Épinay-sur-Seine (nouvelle fenêtre) (Seine-Saint-Denis). Deux frères avaient été condamnés, l’un à huit mois de prison ferme, l’autre à huit mois de prison avec sursis, mais le tribunal n’avait pas reconnu le caractère antisémite de leur acte, estimant qu’il n’y avait pas assez d’éléments permettant d’établir qu’ils savaient que ce monument avait été érigé en mémoire à Ilan Halimi. Le parquet a fait appel du jugement.
Ilan Halimi, 23 ans, avait été enlevé, séquestré et torturé en janvier 2006 par une vingtaine de personnes qui se faisaient appeler « le gang des barbares ». Découvert nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures, à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Essonne, le jeune homme était mort pendant son transfert à l’hôpital un peu moins d’un mois plus tard.









