- Le corps d’une randonneuse a été retrouvé ce mercredi en Haute-Savoie.
- La femme de 56 ans a été emportée la veille par la rivière déchaînée du Giffre, alors qu’elle traversait un pont à pied, sous les yeux de son mari.
- Ce phénomène imprévisible, appelé « lave torrentielle », est un mélange d’eau, de boue et de débris de roche qui se détachent de la montagne et la dévalent à grande vitesse.
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Le 20H
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Des torrents de boue puissants, inarrêtables, qui dévalent les falaises. Ce mercredi 5 août, le corps d’une randonneuse emportée par les eaux en Haute-Savoie, la veille au soir, a été retrouvé à l’issue de recherches menées par les gendarmes. Originaire de l’Oise, la femme de 56 ans et son époux se dirigeaient en direction d’un amphithéâtre naturel calcaire de la zone, très prisé des randonneurs. Elle se trouvait sur un pont enjambant la rivière du Giffre, avant d’être emportée par une coulée de boue à la suite de fortes précipitations, a précisé le parquet de Bonneville.
Dans un bruit assourdissant, des quantités de terre, de branches, de pierres ont été drainées sur des kilomètres. Et tout s’est passé très vite. « Des troncs, des branchages avançaient avec une vague derrière… C’était impressionnant »
, raconte un témoin dans le reportage du 20H de TF1 tête de cet article.
Des laves torrentielles… sans magma
Si un phénomène d’une telle intensité est assez rare, il se produit en montagne lorsque plusieurs facteurs sont réunis. D’abord un cours d’eau qui prend naissance en altitude sur une pente très raide, comme la rivière du Giffre, connue pour son dénivelé élevé, avec une altitude de départ de près de 1.500 mètres. De plus, les violents orages survenus mardi en Haute-Savoie ont accéléré le débit de la rivière et augmenté sa puissance. Ainsi, dans sa descente, le cours d’eau a emporté des sédiments stockés et issus de précédents éboulements.
« Lorsqu’on a beaucoup de sédiments, beaucoup de pente, et qu’on atteint des seuils d’intensité de précipitations, la masse d’eau va se mélanger à la masse de sédiments »
, relève auprès de la rédaction du JT de 13H Johan Berthet, docteur en géomorphologie du Bourget-du-Lac (Savoie). Ainsi se déroule « un écoulement qui va avoir un comportement très visqueux, similaire à une lave. C’est notamment pour ça qu’on appelle (ces phénomènes) des laves torrentielles »
, explique l’expert.
Des coulées dévastatrices qui déforment tout sur leur passage
Ces laves extrêmement rapides peuvent atteindre jusqu’à 50 km/h. Très soudaines et dévastatrices, elles balaient tout sur leur passage et peuvent même déplacer des rochers de plusieurs dizaines de tonnes, provoquant la déformation du lit de la rivière. « On peut retrouver des pierres à 50 mètres, 100 mètres du torrent habituel de la rivière »
, souligne Nicolas Cottet, guide de haute montagne du bureau de Samoëns (Haute-Savoie).
Ces phénomènes, très localisés et relevant du niveau d’intensité des pluies, sont imprévisibles. En revanche, avec le changement climatique et la multiplication d’intempéries violentes, dont les orages, ces coulées de boue risquent d’être de plus en plus puissantes.









