- D’après l’association Les Petits Frères des Pauvres, 32 personnes ont été retrouvées mortes chez elles en 2025, plusieurs semaines, mois ou années après leur décès.
- Ce décompte des morts solitaires est probablement « sous-évalué », avertit-elle.
Morts dans l’indifférence. Quelque 32 personnes âgées ont été retrouvées décédées chez elles en 2025, des semaines, des mois, voire des années après leur mort, d’après un décompte publié ce mardi 27 janvier par l’association Les Petits Frères des Pauvres.
Ces décès, comptabilisés à partir de faits divers relatés dans les médias régionaux, sont la « conséquence ultime d’un isolement social extrême »
, souligne-t-elle. À Bordeaux, en mars 2025, le squelette d’une septuagénaire a ainsi été retrouvé dans le jardin de sa maison près de deux ans après son décès. À Montrouge, en région parisienne, un corps décomposé a été découvert en septembre dans un studio HLM, trois ans après son décès, par un huissier lors d’une procédure d’expulsion, selon Le Parisien
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Vers la création d’un « observatoire de la mort solitaire »
Ce décompte est probablement « sous-évalué »
, estime l’association, qui a l’intention, faute d’avoir convaincu les pouvoirs publics, de créer d’ici à la fin de l’année son propre « observatoire de la mort solitaire » pour recenser les cas et mieux mesurer la solitude extrême. « Si de nombreux acteurs publics, associatifs ou funéraires estiment que notre comptage est sous-estimé, personne n’est en mesure de quantifier de façon fiable le nombre annuel de morts solitaires en France »
, indique l’association. Elle compte réunir au cours du premier semestre un comité scientifique de chercheurs, sociologues, gériatres et acteurs du terrain, représentants des collectivités locales et des pompes funèbres.
Morts de la rue, corps non réclamés à la morgue ou à l’hôpital, défunts qui n’ont personne à leurs obsèques : la définition de mort solitaire n’est toutefois « pas partagée »
, explique à l’AFP Yann Lasnier, délégué général de l’association. Ce comité scientifique « va aider à poser une définition »
et à réfléchir à des « solutions de prévention et détection de ces phénomènes »
, alors que l’association évalue à 750.000 le nombre de personnes âgées sans liens sociaux.
Cet observatoire aura pour objectif de collecter des données fiables sur la fréquence et les circonstances de la mort solitaire, d’analyser les facteurs de risque et de proposer des recommandations concrètes pour les pouvoirs publics et les acteurs sociaux.









