Des enquêtes à l’échelle européenne ont permis de démanteler un réseau de passeurs reliant la Turquie à l’Allemagne et d’arrêter 130 personnes depuis 2023, a annoncé mardi 10 mars la police autrichienne. Plus de 100 000 personnes auraient été acheminées clandestinement de Turquie vers l’Allemagne via l’Europe du Sud-Est et l’Autriche entre l’automne 2023 et mai 2025, selon un communiqué de la police.
Ce trafic aurait généré un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros. Les enquêteurs ont identifié cinq « sous-organisations autonomes » opérant sur différents tronçons de la route, chacune employant jusqu’à 80 passeurs.
Depuis 2023, plus de 130 personnes ont été arrêtées, principalement en Autriche, mais aussi en Croatie, en Roumanie, en Allemagne et dans d’autres pays, a déclaré un porte-parole de la police à l’Agence France-Presse (AFP).
Un clan syrien
Depuis mai, six suspects principaux – des hommes âgés de 25 à 50 ans, originaires d’Afghanistan, de Syrie et de Russie, résidant à Vienne et à Budapest – sont détenus à Vienne. Parmi les autres personnes arrêtées figurent des hommes et des femmes, principalement âgés de 18 à 35 ans, originaires de Moldavie, de Roumanie, de Géorgie et d’Ukraine, souvent recrutés sur les réseaux sociaux, a précisé la police dans un communiqué.
L’enquête, qualifiée de « vaste », a débuté en 2023 lorsque la police de la province autrichienne de Styrie, près de la frontière slovène, a intercepté un véhicule transportant huit Syriens clandestins. Ce réseau, issu d’un clan syrien, aurait compté plusieurs centaines de membres opérant le long de la route des Balkans du Sud-Est. Plus de 1 000 véhicules utilisés pour le trafic d’êtres humains ont été identifiés, a déclaré la police.










