• Le concert de Barbara Butch a été interrompu ce samedi soir à Grenoble.
  • Des militants propalestiniens ont perturbé la performance de la DJ.
  • Depuis le mois de mai, ce spectacle faisait l’objet d’un appel au boycott de la part des Insoumis.

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« L’artiste a été la cible d’une agression intolérable en plein spectacle. » La mairie de Grenoble a confirmé ce dimanche 19 juillet que Barbara Butch (nouvelle fenêtre) a été la cible de militants propalestiniens. Le concert de la DJ a été interrompu samedi soir à Grenoble après que des manifestants ont perturbé sa performance. La mairie de Grenoble, qui évoque des « jets de bouteilles en verre » et autres projectiles « visant délibérément la scène », a « fermement » condamné les faits survenus la veille.

Un appel au boycott lancé au printemps

L’artiste, figure des nuits parisiennes LGBTQ+ ayant notamment participé à la cérémonie d’ouverture des JO de Paris (nouvelle fenêtre) en 2024, se produisait vers 22h20 dans le cadre du festival Cabaret Frappé, organisé par la Ville depuis vingt-cinq ans. « Il y avait à peu près 150 militants devant la scène qui avaient des banderoles, qui sifflaient, l’insultaient », a indiqué à l’AFP un responsable de la programmation du festival. Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des personnes agitant des drapeaux de la Palestine, brandissant des doigts d’honneur et faisant retentir des sifflets, alors que l’artiste est sur scène.

Depuis le mois de mai, le concert de cette artiste née dans une famille juive traditionaliste fait l’objet d’un appel au boycott, notamment de la part de l’antenne grenobloise de La France insoumise (LFI). Celle-ci dénonçait le fait que la DJ avait signé une tribune en soutien à la très contestée proposition de loi Yadan (nouvelle fenêtre) visant à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme », depuis retirée. L’élu LFI à la mairie de Grenoble, Allan Brunon, qui était présent, s’est donc quant à lui félicité auprès de l’AFP de la tenue de cette « manifestation pacifique » et de l’interruption du concert. Selon lui, « il n’y a pas eu de projectiles qui ont été jetés ». « La France insoumise n’a jamais appelé à la violence contre Mme Butch », a-t-il insisté.

Au bout d’une vingtaine de minutes, « face aux menaces visant l’artiste Barbara Butch, et afin de garantir la sécurité du public, des équipes et de l’ensemble des personnes présentes, la Ville de Grenoble a pris la décision de suspendre le concert », a précisé la mairie dans un communiqué.

Les faits ont fait réagir le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui « condamne avec la plus grande fermeté l’interruption du concert de Barbara Butch hier soir au festival Cabaret Frappé à Grenoble par des militants propalestiniens dont certains membres de La France insoumise ». Et le locataire de la place Beauvau d’ajouter : « L’antisémitisme, les intimidations et les pressions n’ont pas leur place dans notre République. Empêcher une artiste de se produire est une atteinte inacceptable à la liberté d’expression et de création. »

De son côté, le maire (PS) de Paris, Emmanuel Grégoire, a déclaré sur X (nouvelle fenêtre) qu’« interrompre le spectacle d’une artiste n’est pas [sa] conception de la démocratie », et apporte « tout [son] soutien » à la DJ. De même que Karim Bouamrane, édile de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), qui a dénoncé sur X « la meute de militants de La France insoumise ».

F.S. avec AFP

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