- La station balnéaire de Vias vient d’être condamnée à détruire une longue promenade de 200 mètres et un parking en bord de mer, construits il y a six ans.
- La construction est jugée illégale parce que ne respectant pas la loi Littorale.
- Une équipe de TF1 s’est rendue sur place, où la décision fait beaucoup réagir.
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Au cœur des régions
200 mètres de promenade et un parking bientôt détruits. Le tribunal administratif de Montpellier a ordonné jeudi la démolition d’une promenade en front de mer et d’un parking adjacent à Vias (Hérault), dans une zone protégée du littoral. Cette construction qui date de 2019 est jugée illégale. « Elle ne respecte pas la loi Littoral. Elle se situe sur un emplacement qui n’est pas urbanisé et toute construction dans une bande de 100 mètres autour du littoral est interdite »,
a estimé la juridiction.
En 2018, la préfecture avait jugé cette zone inconstructible. Pourtant, la mairie a déboursé 4,7 millions d’euros pour cet ouvrage visant à renforcer l’attractivité de la commune, qui voit sa population multipliée par dix l’été. Aujourd’hui, la justice estime la démolition à un coût de 1,5 million d’euros. Une très grosse facture, donc.
« Les intérêts écologiques et environnementaux priment »
Dans cette cette station balnéaire proche d’Agde et de Béziers, les habitants interrogés ce vendredi matin par notre équipe sont un peu amers. « C’est une idiotie, mais on n’y peut rien »
, réagit notamment un habitant dans le reportage du JT de TF1 visible en tête de cet article. « C’est un gâchis de l’argent qui aurait pu servir à beaucoup d’autres choses »,
renchérit un autre, quand un troisième lance : « Qu’on s’en prenne aux gens qui l’ont fait illégalement, qui nous ont bernés, parce que pendant cinq ans ils nous ont dit : non, j’ai raison, j’ai raison, j’ai raison. Ok, maintenant, le résultat est là ».
D’autres espèrent que cette affaire servira d’exemple à d’autres communes. « Ça fait acte de jurisprudence et ça évite à toutes les autres petites stations balnéaires autour de prendre les mêmes dispositions et de le faire sans rien demander. »
« La commune et son maire savaient qu’ils n’avaient pas le droit de construire ces ouvrages. La démolition est la seule solution pour assurer le respect de la loi qui protège le littoral et l’environnement. Ce dossier rappelle que le passage en force est une grande source de gaspillage d’argent public »,
a réagi auprès de l’AFP France Nature Environnement Occitanie-Méditerranée, partie civile. Cette situation « aurait pu être évitée si la commune s’était conformée aux prescriptions des services de l’Etat quant au caractère illégal du projet »,
a aussi réagi dans un communiqué la préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet, en évoquant un jugement « qui protège notre littoral
« .
Après une dizaine de procédures, la mairie ne fera pas appel de la décision. « Grâce à l’ensemble de ces aménagements, nous avons pu retrouver cette dynamique et cette attractivité touristique. La justice a rendu ses décisions, moi je me plie à ces décisions »,
réagit face à notre caméra le maire de Vias, Jordan Dartier, qui estime qu’« en France, les intérêts écologiques et environnementaux priment et pèsent plus que les enjeux économiques. »
La ville a désormais six mois pour appliquer la décision de justice et démolir cette promenade.










