Quand on franchit la grille du quartier pour mineurs de la maison d’arrêt de Nanterre, le paysage change d’un seul coup. Une immense fresque de couleur recouvre la totalité des murs de la coursive. Un panneau met en scène la confrontation entre le Paris-Saint-Germain et l’Olympique de Marseille. Juste à côté de fonds sous-marins aux poissons multicolores, une immense tour Eiffel rend hommage aux Jeux olympiques de Paris 2024.
La petite salle de classe, où les mineurs détenus sont censés poursuivre leur scolarité (obligatoire au moins jusqu’à 16 ans), est vide. Faute de professeurs. « Cela arrive souvent ? », demande Sabrina Sebaihi, la députée (Les Ecologistes) de la circonscription, qui a fait valoir son droit de visite de parlementaire. En face d’elle, dans sa cellule de 9 mètres carrés, Souleyman, 17 ans, assis sur son lit, répond : « Non. C’est plutôt rare. » Il est en détention provisoire depuis deux mois, et doit a priori y rester au moins une année.
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