- Le Livret A a été boudé par les Français en 2025.
- Plus d’argent a été retiré que déposé, une première depuis dix ans, selon les données publiées, jeudi 22 janvier, par la Caisse des dépôts (CDC).
- Les épargnants se détournent du produit financier, qui multiplie les baisses de taux de rémunération.
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Bien gérer son épargne
Le Livret A n’a plus la cote. L’an dernier, les épargnants ont retiré plus d’argent qu’ils n’en ont déposé sur le produit financier le plus célèbre de France, une première depuis 2015 liée à la concurrence féroce de l’assurance-vie, a annoncé, jeudi 22 janvier, la Caisse des dépôts (CDC).
« C’est un retour de balancier qui est tout à fait logique »
, a commenté lors d’une visioconférence le directeur financier du fonds d’épargne de la CDC, Stéphane Magnan, après des années de dépôts importants et un taux de rémunération en berne, qui s’établira à 1,5% contre 3% en février 2023.
Dans le détail, les retraits ont dépassé les dépôts de 2,12 milliards d’euros en 2025, malgré un mois de décembre honorable. Cette situation dite de « décollecte nette » est rare en année pleine pour le Livret A, détenu par 57 millions d’épargnants et concentrant près de 450 milliards d’euros.
Près d’un euro sur cinq mis de côté
La capacité d’épargne élevée des Français est toujours intacte : ils mettent de côté près d’un euro gagné sur cinq selon l’Insee, un ratio qui s’explique par le fort degré d’incertitude, voire d’inquiétude, concernant leur avenir et celui du pays. Mais l’attrait du Livret A a été plombé l’an dernier par les deux baisses successives de son taux de rémunération : de 3% à 2,4% au mois de février, puis de 2,4% à 1,7% en août. La nouvelle baisse à venir du taux du Livret A, à 1,5% en février, ne devrait pas permettre d’inverser la tendance, a expliqué à l’AFP Marc Campi, associé au sein du cabinet Square Management.
Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) s’en est un peu mieux sorti l’an dernier, avec une collecte nette positive de 1,65 milliard d’euros. Les deux produits, gérés par les banques et par la Caisse des dépôts, totalisaient fin décembre 615,2 milliards d’euros d’encours. Ils ont rapporté 12,64 milliards d’euros d’intérêts à leurs possesseurs.
Le LDDS se maintient, le LEP dévisse
Le Livret d’épargne populaire (LEP), affichant un taux avantageux (2,5% à partir du 1er février 2026) mais réservé aux ménages modestes, a lui connu une année 2025 plus morose. Malgré les efforts déclarés de la Banque de France et de Bercy, les LEP ont enregistré une situation de décollecte nette, de 840 millions d’euros, essentiellement due à la radiation des titulaires qui ne sont plus éligibles du fait d’une augmentation de leurs revenus.
Seules 12 millions de personnes détiennent un LEP, un nombre très loin des quelque 31 millions éligibles en France. « Les chiffres d’ouvertures de LEP sont un peu décevants »
, a déploré Stéphane Magnan de la CDC. « Il y a clairement une question d’information de l’ensemble des gens qui pourraient avoir un LEP et qui ne l’ont pas encore ouvert. »










