- Elle cherchait son père depuis toujours et a été persuadée de le reconnaître dans un reportage du JT de TF1.
- Anissa-Alice Horvath, qui en a fait un spectacle, se confie face à notre caméra sur son étonnante histoire.
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Le 13H
Son père n’a jamais voulu la reconnaître, ni même la voir. Elle a grandi sans lui, l’a cherché en rêvant qu’un jour, elle le retrouverait. Cette longue quête, jamais Anissa-Alice Horvath n’aurait imaginé la raconter sur scène, ce qu’elle fait désormais dans le spectacle Au non du père
, dans lequel elle retrace son histoire en préparant face au public des fondants au chocolat.
Dans cette histoire, il y a un événement majeur, en 2009 : « À ma pause déjeuner, je rentre chez moi, tranquille, j’allume la télé et je tombe sur le journal de TF1 avec le présentateur Jacques Legros
« , explique-t-elle sur scène. Le journaliste annonce le reportage qui va suivre : « Dans le New Hampshire, un couple de boulangers français aux prises avec l’administration américaine, qui refuse de prolonger son visa, vient de recevoir le soutien de tous les habitants
« . En voyant le boulanger qui apparaît ensuite à l’écran, en l’écoutant parler de sa baguette, Anissa-Alice Horvath a un choc : elle est persuadée que c’est son père.
« Je sais que ça paraît fou »
« J’ai une sensation très, très forte. Rien qu’en le voyant
« , assure aujourd’hui la jeune femme dans la vidéo du JT de TF1 visible en tête de cet article, un reportage qui cette fois lui est consacré. Cela « paraît fou
« , reconnaît-elle, mais l’espoir renaît. Elle se décide à forcer le destin et se lance dans un voyage aux États-Unis. Encouragée par celui qui deviendra le metteur en scène de son spectacle, Ahmed Madani, qui la filme tout au long du périple, elle arrive à Colebrook, dans le New Hampshire, à 800 kilomètres de New York.
La voilà devant la boulangerie aperçue dans le reportage télévisé et qui, joli hasard, s’appelle « Le Rendez-vous ». « Je rentre dans l’image de TF1. Et quand j’entre à l’intérieur de la boulangerie, c’est exactement… Je retrouve le même décor, en fait, le décor de TF1. Donc je rentre dans la télé, finalement
« , se souvient-elle face à notre caméra. A ce moment-là, « Anissa est dans une tension extrême, ça fait 30 ans qu’elle attend un moment pareil
, décrit de son côté le metteur en scène Ahmed Madani. Vous êtes au bord d’un précipice en vérité. Tu sautes sans parachute
« .
À l’intérieur de la boutique, l’homme est le même que celui entrevu furtivement à la télévision, et son visage va devenir familier. Car lui aussi a un choc : il la reconnaît, c’est bien son père. Et pour la première fois de sa vie, elle va pouvoir dire « papa
« . « Encore aujourd’hui, c’est toujours une épreuve de dire… Ce n’est pas un mot qui sort naturellement. Ma mère, je l’appelle ‘maman’, mais papa, c’est toujours tout un…. Je ne sais pas. Ce mot, il a trop de valeur
« , commente Anissa-Alice Horvath.
Ce fut le début d’une autre histoire que par pudeur, la comédienne veut garder pour elle. À la fin du spectacle, le public peut déguster les fondants au chocolat dont son père, dans sa boulangerie américaine, avait adopté la recette.









