Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen ont appelé, lors d’un sommet organisé mardi 10 mars à Paris, à un important soutien au nucléaire civil, présenté par les deux dirigeants comme un levier de souveraineté énergétique.
La présidente de la Commission européenne a déclaré, lors de son intervention devant une quarantaine de pays et des organisations internationales : « La réduction de la part du nucléaire était un choix et, à la réflexion, l’Europe a fait une erreur stratégique en tournant le dos à une source d’énergie fiable, économique et peu émettrice ; »
Organisé par la France, une des principales puissances nucléaires civiles du monde (57 réacteurs), le sommet devrait réunir une quarantaine de pays et des organisations internationales, dont des représentants des Etats-Unis et de la Chine – principaux acteurs historiques du secteur –, des Etats européens et des pays membres du G7.
Appel aux investissements
Comme en 2022, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la guerre au Moyen-Orient rappelle la vulnérabilité des pays dépendants aux importations d’énergies fossiles, entre risques d’approvisionnement et volatilité des marchés, mettant en lumière l’importance des énergies décarbonées souveraines, dont les renouvelables et le nucléaire.
Avant Mme von der Leyen, le président français avait incité « chaque acteur public et privé à prendre sa part pour continuer de mobiliser les investissements » en faveur du développement du nucléaire civil, « un véritable secteur d’avenir pour nos énergies, nos sociétés, nos pays ».
« J’appelle aussi les banques et les fonds d’investissement qui doivent faire un effort », notamment en « capital-risque pour les projets les plus risqués », a ajouté Emmanuel Maccron. Il a pris en exemple le Royaume-Uni, estimant que les Européens devaient « aller encore un cran plus loin » en la matière.
En parallèle de cette journée consacrée à l’atome, les ministres de l’énergie du G7 se réuniront à 13 h 45 dans la capitale pour « avancer » sur la question de la flambée des cours du pétrole, qui chahute les prix du carburant.
Après une première édition à Bruxelles en 2024, ce sommet en partenariat avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), s’ouvre dans une année 2026 marquée par le 15e anniversaire de l’accident de Fukushima (Japon) et le 40e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (Ukraine).
Paris entend faire de ce sommet une « séquence » politique dans la continuité de la déclaration de la COP28 à Dubaï visant à tripler les capacités nucléaires installées à horizon 2050. Une trentaine de pays y ont souscrit et la France souhaite voir de nouveaux Etats endosser cette feuille de route.
L’Union européenne doit aussi y dévoiler sa stratégie pour accélérer le développement des petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) en Europe, visant une première commercialisation à l’horizon 2030. Bruxelles redoute d’être pris de vitesse par la Chine et les Etats-Unis et voudrait pousser les start-up européennes à s’associer afin d’aller plus vite.










