- Selon une étude du Lancet publiée mardi 27 janvier, les risques sanitaires liés au plastique vont exploser d’ici à 2040.
- Les chercheurs affirment que le nombre annuel de vies en bonne santé perdues aura plus que doublé en l’espace de 25 ans.
Les efforts internationaux, notamment en matière de recyclage, peinent à porter leurs fruits. Le nombre d’années de vie en bonne santé perdues à cause du plastique pourrait plus que doubler dans le monde en l’espace de 25 ans, de 2,1 millions en 2016 à 4,5 millions en 2040, si rien ne change, estiment une équipe de scientifiques franco-britanniques, dans une étude publiée dans les colonnes du Lancet Global Health
. « La pollution plastique et les émissions générées tout au long de son cycle de vie nuisent à la vie et au bien-être des populations du monde entier, mais l’ampleur des multiples impacts sur la santé n’a pas encore été pleinement quantifiée »
, écrivent-ils.
Le mal est déjà fait ?
Concrètement, selon les chercheurs, toutes les étapes du cycle de vie des plastiques génèrent des effets néfastes sur la santé humaine, à plus forte raison l’extraction des ressources nécessaires pour les fabriquer et le processus de production. Ces impacts néfastes sont multiples, « de la morbidité et de la mortalité liées au
réchauffement climatique
«
à l’augmentation des risques de maladies cardiopulmonaires et de cancers liée à la diffusion de particules fines.
Des mesures fortes en matière de réduction de la production et de l’utilisation du plastique pourraient permettre de limiter les dégâts, mais sans doute seulement dans une moindre mesure. « Les scénarios mondiaux alternatifs, y compris la mise en œuvre des engagements actuels pris par les gouvernements et l’industrie pour lutter contre la pollution plastique, pourraient réduire l’augmentation de la charge cumulative des plastiques entre 2016 et 2040 de 4 % (79 contre 83 millions d’années en bonne santé perdues) »
, pointent les scientifiques.
Réduire la quantité de plastiques produits
La mesure la plus efficace pour tenter d’inverser la tendance, relève Megan Deeney, reste la réduction de la quantité de plastique « inutile »
initialement produite, remplacée par des matériaux alternatifs (comme le verre). Pour comprendre pourquoi, Megan Deeney, autrice principale de l’étude et membre de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, utilise l’exemple d’une bouteille d’eau.
Sa fabrication commence généralement par l’extraction de pétrole et de gaz (c’est le cas pour 90 % des plastiques). Une série de processus chimiques est nécessaire pour transformer ces combustibles en polyéthylène téréphtalate (ou PET). Par la suite, la bouteille est transportée jusqu’aux lieux de commercialisation. Après usage, elle devient un déchet. Celui-ci termine souvent en décharge, malgré des efforts de recyclage, où ils peuvent mettre des siècles à se décomposer.
À noter que cette étude ne prend pas en compte d’autres possibles sources de dommages, comme les microplastiques ou les produits chimiques pouvant s’échapper d’emballages alimentaires. « C’est, sans aucun doute, une sous-estimation considérable de l’impact total sur la santé humaine
« , commente l’autrice de l’étude.
Jusqu’ici, les tentatives de conclure un traité mondial contre la pollution plastique se sont heurtées à l’échec cuisant de deux rounds de négociations, en 2024 et 2025, sous l’effet de l’opposition des pays essentiellement pétroliers.







