- Les micro-ruptures marquent la fin douloureuse de relations sans engagement.
- Ces séparations affectent le cœur et l’esprit comme un vrai chagrin d’amour.
- Reconnaître ses émotions aide à surmonter ces blessures.
Pas vraiment ensemble, mais un peu quand même. Dans le monde du dating moderne, il n’est pas rare de croiser des «
situationship
(nouvelle fenêtre)«
. Pas vraiment en couple, mais un peu plus que des « friends with benefits »
(des amis qui partagent de temps en temps le même lit). Deux individus se rencontrent, se voient, se fréquentent, se connaissent sur le bout des doigts. Le courant passe si bien que l’un finit par demander « qu’est-ce qu’on est », afin de clarifier et l’autre répond : « je ne cherche rien de sérieux pour le moment ».
D’un point de vue technique, la relation ne peut prendre fin puisqu’elle n’a jamais vraiment commencé. Pourtant, pour celui ou celle qui finit sur le carreau, ça peut faire mal. On parle alors de « micro-rupture » et elle a les mêmes conséquences : un cœur brisé, accablé par le chagrin (nouvelle fenêtre). La psychothérapeute Duygu Balan définit la micro-rupture comme étant une « rupture émotionnelle qui survient dans les relations ambiguës, pendant la phase de discussion ou au sein d’une exclusivité floue
« . Elle écrit dans Psychology Today (nouvelle fenêtre) : « Il y a intimité, routine, vulnérabilité et attachement, mais pas d’engagement formel
« .
Quand cette histoire sans étiquette se termine, le système nerveux réagit comme si « quelque chose de réel avait été perdu
« . Parce que le cerveau, lui, ne connaît pas les étiquettes, il ne fait pas la différence entre un couple, un engagement (nouvelle fenêtre) ou une situationship. S’il n’y avait aucune promesse, l’attachement, l’investissement émotionnel, l’expérience et la connexion étaient bien présents. Il y avait des échanges quotidiens, une intimité sexuelle, un lien émotionnel qui faisait font en sorte que le système nerveux considérait l’autre comme une personne sûre. Pour la psychothérapeute, c’est « le drame de l’ambiguïté
« .
Faire le deuil d’un presque
Ces relations sans engagement et les micro-ruptures sont amplifiées par la profusion des rencontres en ligne et les réseaux sociaux. D’une part, par les applications donnent accès à une multitude de partenaires potentiels et d’autre part parce que les réseaux sociaux empêchent la séparation nette. L’exposition numérique de l’autre prolonge la tristesse et les ruminations après la micro-rupture. Par ailleurs, ces séparations sont véritablement déstabilisantes dans le sens où elles « ne donnent pas lieu à une conclusion narrative
» puisque techniquement, il n’y avait pas de couple. Résultat : la personne délaissée doit faire le deuil d’une « presque relation » ou d’un futur à deux fantasmé.
Pour la psychothérapeute, il est primordial de clarifier le plus tôt possible les attentes de l’autre, afin de créer des rencontres plus saines. Pour cela, elle rappelle qu’il est important de « reconnaître que l’intimité émotionnelle implique des responsabilités
« , qu’il est « préférable de clôturer
» plutôt que de créer des « flous artistiques
« . Surtout, Duygu Balan insiste sur le fait de nommer les émotions, de reconnaître sa peine, sa tristesse et sa douleur, après une micro-rupture. Elle n’est pas disproportionnée ou imaginée, parce que lorsque l’attention et la présence disparaissent, « le système nerveux réagit comme prévu, par la protestation, le désir et le chagrin
« .







