- Ilyas Kerbouch de son vrai nom avait été interpellé vendredi après une cavale de treize jours.
- Il a été placé en détention provisoire.
- Sa compagne, ex-surveillante, est également présentée ce mardi devant les juges d’instruction.
C’était attendu. Ilyas Kerbouch, alias « Ganito », a été mis en examen, mardi 24 mars, pour évasion en bande organisée, corruption active, faux et usage de faux, faux en écriture publique et association de malfaiteurs, a appris le service police/justice de TF1-LCI d’une source proche du dossier. Il a été placé en détention provisoire, à l’isolement. Sa compagne, elle, devrait connaître la décision des trois juges d’instruction plus tard dans la soirée. La cavale de l’évadé de Villepinte avait pris fin vendredi dernier après une cavale de treize jours.
Son avocate, Me May Sarah Vogelhut, a affirmé que son client entendait « s’expliquer pleinement »
sur les événements du 7 mars. « On a parlé de lui comme d’une personne dangereuse, il veut dire qu’il ne l’est pas »,
a-t-elle assuré à TF1/LCI avançant la volonté d’Ilyas Kerbouch de protéger sa compagne : « Il dit qu’elle n’a rien à voir là-dedans »
, affirme l’avocate.
Le soupçon de la corruption
Le 7 mars dernier, trois personnes s’étaient rendues à la maison d’arrêt de la commune de Seine-Saint-Denis, en pleine après-midi. Deux s’étaient fait passer pour des policiers venus chercher un détenu, Ilyas Kerbouch, pour l’extraire en garde à vue en présentant de faux documents judiciaires, selon le parquet de Paris. Le détenu, connu jusqu’à présent pour des home-jackings violents, était alors sorti de prison sans heurt. Le personnel pénitentiaire s’était inquiété de son absence seulement 48 heures après, la durée maximale d’une garde à vue.
« Ganito » a été arrêté le 20 mars, jour de ses 21 ans, par les effectifs de la BRI des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault. Dans l’attente d’être présenté aux magistrats parisiens, il avait été écroué à Perpignan. Sa compagne, interpellée à ses côtés, avait aussi été incarcérée provisoirement. Il s’agit d’une ancienne surveillante pénitentiaire qui l’a rencontré en détention et a été « radiée en 2025 »
, d’après des sources proches du dossier.
Elle avait intégré Villepinte après avoir exercé à la prison parisienne de La Santé, d’après une source syndicale pénitentiaire. Le soupçon de la corruption pèse sur ces investigations. Deux suspects, dont un mineur, ont été mis en examen le 11 mars à Paris pour évasion en bande organisée, mais aussi pour corruption active d’une personne dépositaire de l’autorité publique, et pour corruption active d’une personne chargée d’une mission de service public.
Ils sont également poursuivis pour faux et usage de faux dans un document administratif, et faux et usage de faux en écriture publique, ainsi que pour association de malfaiteurs délictuelle. Ils ont été placés en détention provisoire.









