La députée du RN Lisette Pollet a annoncé le licenciement d’un de ses assistants parlementaires, Vincent Claudin, en raison de la publication sur des comptes X sous pseudonymes de messages racistes, homophobes et antisémites, révélés par Mediapart mercredi 25 février.
Vincent Claudin a été très présent dans les médias ces derniers jours, se présentant comme un des « meilleurs amis » de Quentin Deranque, mort le 14 février à la suite de violents coups portés par des membres de l’ultragauche. Il a appelé à participer à la marche en hommage au jeune homme samedi, où étaient présentes des figures de l’ultradroite, et marquée par des saluts nazis.
« Cette séparation fait suite à la publication, sur ses réseaux sociaux personnels, de plusieurs messages dont le contenu est en contradiction avec les valeurs, les principes et la ligne de conduite que je défends », a écrit l’élue de la Drôme dans un communiqué publié sur X dans la nuit de mardi à mercredi.
Dans les tweets révélés par Mediapart, Vincent Claudin « affiche son admiration pour le IIIe Reich, son espoir de l’avènement d’un régime fasciste et eugéniste en France, et déverse sa haine des juifs, des personnes racisées et des homosexuels », résume le média en ligne.
Ce catholique intégriste aurait par exemple appelé à « brûler Elisabeth Bornstein et dégager la Constitution » en juin 2022, dans une allusion à l’ancienne première ministre Elisabeth Borne, dont le père était un juif résistant rescapé des camps de concentration, qui venait alors de soutenir l’inscription de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution. Deux ans plus tard, il fustige les « grognasses qui veulent tuer leurs bébés ».
En août 2022, il s’amuse de la rafle du Vél’d’Hiv, sous Vichy : « Je retiens que c’est acceptable à condition de faire ça dans des conditions dignes. Heureusement que la SNCF climatise désormais ses voitures ». « Lorsqu’un utilisateur feint de s’inquiéter de “se faire insulter d’antisémite”, il s’étonne : “C’est une insulte ?” », ajoutent nos confrères. Il utilise le mot « marron » pour désigner les personnes noires, ou encore emploie le terme « bougnoules », appelle à « rééduquer » un homosexuel en 2022.
Il ne cache pas non plus son admiration pour Hitler, cite Joseph Goebbels, le nazi belge Léon Degrelle, qui a combattu pendant la seconde guerre mondiale avec la Waffen-SS, ou encore l’écrivain négationniste Hervé Ryssen.
Auprès de Mediapart, Vincent Claudin évoque des « publications d’un compte anonyme privé, sur le registre de l’ultraprovocation outrancière et sulfureuse et de l’humour noir hors contexte », et présente ses excuses « à tous ceux qui ont pu être sincèrement atteints par ces propos immatures, blessants et choquants ».
« Aucune connexion »
Vincent Claudin a aussi appartenu au groupuscule d’ultradroite Lyon populaire, qui a fait l’objet d’une procédure de dissolution, comme l’avait d’ailleurs reconnu la députée auprès de Mediapart. Elle assurait qu’il en avait été exclu « en juin 2024 », à la suite de « son refus de cautionner » l’attaque survenue en novembre 2023 à la Maison des passages, à Lyon, où se tenait une conférence organisée par le Collectif Palestine 69. Cette chronologie est contestée par Mediapart, qui souligne que Vincent Claudin relayait encore en février 2025 les publications de Lyon populaire, quelques semaines avant d’être embauché par Lisette Pollet.
Interrogé mercredi sur RTL, le député du RN Jean-Philippe Tanguy a fustigé des « contenus impardonnables ». Jean-Philippe Tanguy et Lisette Pollet ont tous deux affirmé que la participation de M. Claudin à la marche n’avait pas de lien avec son licenciement. « Quentin, visiblement, était l’un de ses amis », a dit M. Tanguy, trouvant « normal » qu’il ait voulu « lui rendre hommage ». Le député a assuré qu’il n’existe « aucune connexion » entre le RN et les groupes d’ultradroite.
M. Tanguy a également été interrogé mercredi sur le cas de Fernand Beauvillain, candidat du RN à Pugnac, près de Bordeaux. Selon le site Les Jours, il a publié de 2022 à 2025 des messages racistes sur les réseaux sociaux, dans lesquels il se plaint par exemple du « remplacement des Français » dans l’équipe nationale de football. Jean-Philippe Tanguy a dit ne pas être au courant, mais fait savoir que ce « contenu » allait être examiné.
Fernand Beauvillain, aussi soutenu par l’UDR, avait reconnu auprès des Jours quelques publications « maladroites ou mal interprétées », assurant néanmoins que d’autres relèvent de « l’humour, parfois grinçant ».








