La guerre contre l’Iran fragilise la région du Caucase du Sud, une zone instable géopolitiquement, qui doit faire face au risque d’une nouvelle vague de troubles. Depuis le 28 février, l’Arménie craint une interruption de ses échanges commerciaux et énergétiques avec la République islamique. Contrairement à ses voisins azerbaïdjanais et turc, Erevan a été épargné par les attaques de drones et de missiles, mais redoute les impacts éventuels du conflit sur son économie, surtout s’il venait à se prolonger.
Il faut dire que Téhéran est un partenaire qui compte pour la petite république caucasienne enclavée. Ses frontières avec la Turquie et l’Azerbaïdjan étant fermées, seules deux voies de sortie s’offrent à elle, par la Géorgie au nord et par l’Iran au sud.
Les échanges avec son voisin perse sont plutôt limités, environ 3,6 % du commerce global —800 millions de dollars (soit 690 millions d’euros), en 2025 –, en revanche, la frontière entre les deux pays, étalée sur une quarantaine de kilomètres, est un point névralgique pour l’économie arménienne. C’est par ce poste-frontière que transitent notamment les marchandises venues de Chine, d’Inde, du Golfe, soit 20 % des flux du commerce extérieur du pays. « Les armes que l’Inde nous fournit, en vertu d’un contrat de 1,5 milliard de dollars signé en 2022, passent par l’Iran », précise Tigran Grigoryan, directeur du Centre régional pour la démocratie et la sécurité, un groupe de réflexion installé à Erevan.
Il vous reste 75.7% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.









