Avant les négociations de Genève, Volodymyr Zelensky appelle à de garanties de sécurité « claires » pour l’Ukraine
Alors qu’une délégation ukrainienne a pris la route de Genève pour un nouveau cycle de négociations avec des représentants des Etats-Unis et de la Russie, le président ukrainien adresse une mise en garde dans une série de messages sur les réseaux sociaux. Selon lui, toute discussion sur d’éventuels compromis avec la Russie devait être précédée de garanties de sécurité « claires » pour l’Ukraine. Il rappelle que la population ne fait plus confiance aux promesses internationales, après l’expérience du mémorandum de Budapest.
« Quand on demande des compromis à des gens qui sont attaqués et qui ne sont pas les agresseurs, que leur donne-t-on en échange ? », écrit-il, rappelant que l’Ukraine avait renoncé à son arsenal nucléaire et à d’autres équipements militaires en échange de garanties de souveraineté et d’indépendance. « Au final, nous n’avons plus ces armes et nous n’avons pas de garanties de sécurité. Personne n’a sauvé notre indépendance », affirme-t-il, soulignant que de nombreux Ukrainiens, qui ont perdu des proches, leurs maisons et leur mode de vie, sont convaincus que la Russie pourrait « revenir ».
Selon lui, la question centrale pour la population n’est pas de savoir si la Russie reviendra, mais « ce qui se passera quand elle reviendra ». Les Ukrainiens veulent comprendre « quel est le prix » et ce que signifient concrètement les garanties de sécurité proposées par les Etats-Unis et leurs alliés européens, ajoute-t-il.
Le président ukrainien a fait savoir que des partenaires américains évoquaient un échange de territoires avant d’accorder des garanties de sécurité. « Je pense que d’abord viennent les garanties de sécurité », dit-il, assurant que Kiev n’est pas prêt à accepter un compromis qui permettrait à Moscou de « se rétablir rapidement et de revenir occuper » le territoire du pays. M. Zelensky a estimé qu’un document formalisant des garanties de sécurité pour l’Ukraine, approuvé notamment par le Congrès américain, enverrait « un signal fort » à la population sur le soutien durable des Etats-Unis et de l’Europe en cas de nouvelle agression russe.
Dans un autre message, le président ukrainien prévient qu’autoriser « l’agresseur » à conserver des gains territoriaux constituerait « une grande erreur », estimant qu’une telle approche risquerait d’encourager de nouvelles offensives russes à l’avenir. Selon lui, de nombreux dirigeants ont commis des erreurs en laissant « un pays agressif comme la Russie » pénétrer sur leur territoire. Le chef de l’Etat ukrainien a estimé qu’en l’absence de fermeté Moscou pourrait reconstruire son armée en quelques années. « Dans cinq ans, il aura reconstitué ses forces ». Pour M. Zelensky, toute solution au conflit doit éviter de créer les conditions d’une nouvelle agression russe à moyen terme.
Enfin, le président ukrainien appelle à des sanctions « totales » contre le secteur énergétique russe, saluant les mesures prises par le président américain, Donald Trump, contre les groupes Lukoil et Rosneft. Mais, selon lui, Washington pourrait étendre ces mesures à l’ensemble du secteur énergétique, y compris au nucléaire, ce qui constituerait « un signal sérieux pour les Européens ».
Il ajoute que, si l’Union européenne a déjà pris de nombreuses mesures contre Moscou, elle n’avait pas encore sanctionné l’industrie nucléaire russe ni le groupe public Rosatom, ni les responsables et leurs proches bénéficiant, selon lui, de leurs revenus en Europe et aux Etats-Unis. Il a affirmé que certains de ces proches vivaient, étudiaient ou possédaient des biens immobiliers en Occident grâce aux profits issus du secteur énergétique russe, appelant ces personnes à « rentrer en Russie ».










