- L’ONG environnementale a été condamnée vendredi à verser 345 millions de dollars au groupe pétrolier Energy Transfer.
- Elle a été mise en cause pour son rôle dans la perturbation de la construction d’un oléoduc entre 2016 et 2017.
- Ce jugement menace la survie de Greenpeace.
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Notre planète
Serait-ce le procès de trop pour l’association environnementale ? Un juge de l’Etat américain du Dakota du Nord a acté vendredi 27 février la condamnation de la célèbre ONG Greenpeace à verser 345 millions de dollars de dommages et intérêts à l’exploitant d’un oléoduc auquel elle s’était opposée entre 2016 et 2017, selon une copie du jugement consultée par l’Agence France-Presse (AFP). L’ONG, qui a assuré à plusieurs reprises ne pas pouvoir payer une telle somme, a manifesté son intention de faire appel.
Ce jugement est inédit dans l’histoire des ONG environnementales, au point de menacer l’existence même de l’organisation emblématique du combat pour la protection de l’environnement. Cette dernière dénonce la volonté de l’organisation pétrolière de la « faire taire »
en la ruinant. « C’est un jugement dévastateur »
non « seulement pour Greenpeace, mais aussi pour le mouvement environnemental mondial »
, alerte Michael Gerrard, professeur de droit à l’université Columbia et spécialiste des actions de justice climatique.
Une somme revue à la baisse
La société d’infrastructures pétrolières et gazières Energy Transfer accuse Greenpeace d’avoir joué un rôle central dans de grandes manifestations en 2016 et 2017 contre la construction d’un oléoduc, ce que réfutaient l’ONG et des représentants autochtones impliqués dans ce mouvement de contestation.
En effet, la tribu autochtone Sioux de Standing Rock et des groupes écologistes dont Greenpeace, rejoints par des milliers de manifestants, avaient tenté, en vain, d’empêcher la construction d’un tronçon de l’oléoduc devant traverser, selon les Sioux, des sites sacrés et menaçant leurs sources d’eau potable.
Dans cette décision, trois entités de Greenpeace sont reconnues responsables de la majorité des accusations portées par le groupe Energy Transfer. Il s’agit de sa branche internationale et américaine condamnées pour plusieurs délits dont diffamation, nuisance et violation de la propriété privée. Un premier jury avait condamné en mars 2025 l’ONG environnementale à verser plus de 665 millions de dollars. Cette somme record a été révisée à la baisse par le juge ce vendredi, estimant certains dommages comptés en double, mais n’en demeure pas moins colossale.
Déterminée à riposter, Greenpeace a annoncé en 2025 poursuivre l’entreprise aux Pays-Bas, où se trouve son siège international, en invoquant une législation européenne anti-procédures abusives. Elle espère obtenir une indemnisation des coûts qu’elle a engagés dans ces batailles judiciaires.









