- La banquise de l’Arctique fond chaque été pour se reconstituer en hiver.
- Mais la proportion de glace qui se reforme cette année pourrait atteindre son niveau le plus bas.
- Elle-même victime de la hausse des températures, la fonte de la banquise contribue également au dérèglement du climat.
Vers une fonte historique ? La banquise de l’Arctique est sur le point de connaître l’un de ses pires hivers jamais enregistrés, selon les données de l’observatoire américain National Snow and Ice Data Center (NSIDC). L’étendue blanche, qui se trouve au pôle Nord, est composée de glace formée par le gel et l’eau de mer qui fond naturellement chaque été avant de se reformer en hiver. Mais la proportion qui se reforme change d’une année à l’autre, la faute en grande partie au dérèglement climatique.
Là où la banquise avait retrouvé une superficie de 14,31 millions de kilomètres carrés le 22 mars 2025, elle n’a pour le moment retrouvé que 14,22 millions de kilomètres carrés pour l’hiver 2026. Des chiffres qui sont loin d’être encourageants : l’étendue de la banquise cet hiver pourrait ainsi être « l’une des plus faibles, voire la plus faible jamais enregistrée, »
alerte le NSIDC. D’autant que cette baisse s’inscrit déjà dans la tendance alarmante des dernières années : cet hiver pourrait figurer parmi les cinq pires jamais mesurés, avec les années 2015, 2018, 2017 et 2016.
Des conséquences sur le climat
Nul doute que cette situation tristement historique est directement liée au dérèglement climatique : les pôles Nord et Sud sont eux aussi affectés par la hausse des températures mondiale, et l’Arctique en particulier se réchauffe quatre fois plus vite qu’ailleurs. La glace du Groenland, ainsi que celle de l’Antarctique au pôle Sud, ont ensemble perdu plus de 7,5 milliards de tonnes de glace entre 1992 et 2020.
Cette fonte accélérée engendre ainsi un cycle, puisqu’elle peut elle aussi avoir des conséquences : certaines zones, par exemple « en mer de Beaufort, vers le Canada ou vers les mers sibériennes de l’océan qui n’avaient jamais vu l’atmosphère, vont à la fois se réchauffer par une atmosphère plus chaude en été, mais aussi être impactées par les vents et non par les vagues. Donc ça va induire ce qu’on appelle des mélanges »
, qui risquent notamment d’apporter « de la chaleur qu’il y avait au fond, et donc contribuer encore plus au réchauffement »
, explique Gilles Garric, océanographe polaire au Mercator Ocean Toulouse.
Mission Tara : au cœur de la banquiseSource : JT 20h Semaine
Sans oublier les espèces vivantes qui se retrouvent directement affectées par la fonte de cette glace, comme les ours polaires et les phoques, qui dépendent de la banquise pour se nourrir et se reproduire. À une époque où le Groenland fait déjà l’objet des convoitises de Donald Trump, la fonte de la banquise de l’Arctique pourrait avoir des conséquences géopolitiques majeures, puisqu’elle ouvre de nouvelles voies maritimes et donne accès à des ressources minérales.
« La fonte des glaces marines induite par le changement climatique transforme l’Arctique en une nouvelle Méditerranée : une ressource maritime commune partagée, entourée d’États rivaux »,
déclare à l’AFP Elizabeth Chalecki, experte en changement climatique et sécurité.
Le problème de la fonte des glaces se présente également au pôle opposé, où l’Antarctique se retrouve aussi menacé par le dérèglement climatique. Alors que l’hémisphère Sud se trouve actuellement en été, la banquise de l’Antarctique « a probablement atteint son étendue minimale pour l’année, »
estime le NSIDC.
Avec une minimale de 2,58 millions de kilomètres carrés relevée le 26 février dernier, l’Antarctique offre une petite éclaircie dans un paysage bien plus sombre, car ce chiffre est « beaucoup plus proche de la moyenne que celui des quatre dernières années, »
souligne l’observatoire. Il n’en reste pas moins que cette proportion est « inférieure de 260.000 kilomètres carrés à la moyenne enregistrée entre 1981 et 2010 »
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