Israël a annoncé, mercredi 11 mars, avoir déclenché une nouvelle série de frappes « à grande échelle » sur le Liban, causant de nombreux morts et des dizaines de blessés. L’Etat hébreu a affirmé viser « des infrastructures du Hezbollah », après une attaque conjointe du mouvement islamiste libanais et de l’Iran.
Le ministère de la santé libanais a annoncé qu’une attaque israélienne sur le front de mer de Beyrouth avait fait au moins huit morts tôt jeudi, quelques heures après une autre frappe au cœur de la capitale. Huit personnes ont également été tuées dans le district de Baalbek, dans l’est du pays, a rapporté le ministère, ainsi que quatre autres à Bourj Al-Chemali, près de Tyr, dans le Sud.
A Beyrouth, Israël a visé Ramlet El-Baïda, a précisé le ministère, une plage publique où des personnes déplacées dorment à la belle étoile depuis le déclenchement du dernier conflit entre Israël et le Hezbollah. Les médias locaux ont diffusé des images montrant le chaos et de la fumée le long de la côte après la frappe. Il s’agit de la troisième attaque visant Beyrouth depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, après un raid contre un appartement, mercredi, et une frappe contre un hôtel en bord de mer, dimanche.
Le Hezbollah avait annoncé, tôt jeudi, avoir tiré des missiles sur une base du renseignement militaire israélien dans la banlieue de Tel-Aviv. Le mouvement islamiste armé pro-iranien a déclaré dans un communiqué avoir « ciblé la base de Glilot [siège de l’unité de renseignement militaire] (…) dans la banlieue de Tel-Aviv avec un barrage de missiles sophistiqués ».
L’Iran a affirmé avoir réalisé une opération de frappes « conjointe et intégrée » avec son allié du Hezbollah sur Israël. Selon un communiqué des gardiens de la révolution diffusé par les médias iraniens, « plus de cinquante cibles » ont été visées sur le territoire de l’Etat hébreu.
L’armée israélienne a déclaré de son côté jeudi avoir atteint dix installations du Hezbollah dans le sud de Beyrouth, dont un quartier général du renseignement, des centres de commandement, et « des dizaines de lanceurs ».
Emmanuel Macron appelle à la désescalade
Plus tôt, mercredi, Israël avait ciblé un quartier densément peuplé du cœur de la capitale libanaise, au dixième jour d’une guerre avec le Hezbollah qui a déjà fait plus de 630 morts et plus de 800 000 déplacés.
Le pays du Cèdre a été entraîné le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah pro-iranien a lancé une attaque sur Israël.
Le président français, Emmanuel Macron, a appelé mercredi soir l’Etat hébreu à « clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban » et le Hezbollah à « immédiatement mettre fin à ses attaques », après s’être entretenu avec son homologue libanais, Joseph Aoun.
Toute la journée de mercredi l’aviation israélienne a effectué frappe après frappe sur la banlieue sud de Beyrouth, dont une grande partie de la population a fui.
Mercredi, huit personnes ont également perdu la vie dans la ville de Tibnine (sud). Selon l’Agence nationale de l’information (NNA), un bâtiment occupé par des déplacés a été atteint et cinq membres d’une même famille figurent parmi les victimes. Ailleurs, dans la plaine de la Bekaa (est), une frappe sur une maison où se trouvaient des réfugiés syriens a fait sept morts, ont affirmé les autorités. Dans le sud du pays, les frappes israéliennes sur deux localités dans la région de Tyr ont fait douze morts et cinq blessés, a dit le ministère de la santé libanais.
Toujours à Tyr, un secouriste de la Croix-Rouge libanaise a succombé à des blessures qui lui ont été infligées deux jours auparavant par l’armée israélienne, d’après le ministère de la santé. Son décès porte à quinze le nombre des morts au sein du personnel médical depuis le début de la guerre, selon les autorités.










