En 2026, le second tour des élections municipales a lieu en même temps que la Journée mondiale de l’eau, soit le 22 mars. Cet heureux hasard de calendrier est une occasion unique de redéfinir collectivement notre gestion de l’eau pour prévenir les situations de conflit.
En France, les collectivités territoriales exercent plusieurs compétences liées à l’eau : gestion de l’eau potable, assainissement, eaux pluviales urbaines, préservation des milieux aquatiques, prévention des inondations… Ainsi les élections municipales permettent-elles de renouveler les mandats au sein des instances de gouvernance, comme les commissions locales de l’eau, sortes de « parlements de l’eau », où les élus locaux ont la majorité des sièges.
Le moment est venu d’évaluer le programme des candidats, allant des mesures classiques concernant la gestion des réseaux d’eau jusqu’aux stratégies les plus visionnaires portées à l’échelle du bassin versant, c’est-à-dire la « cuvette » au sein de laquelle l’eau circule à travers les glaciers, les rivières, les zones humides, les lacs, les fleuves et les nappes. Les politiques qui saisissent les liens d’interdépendance entre nos activités et l’état des milieux aquatiques sont les plus à même de répondre aux enjeux de sécurité hydrique des territoires, face aux manques et aux excès d’eau exacerbés par le changement climatique.
Agir à la source
Qu’elles soient d’origine agricole, industrielle, urbaine, anciennes ou récentes, les substances polluantes sont désormais omniprésentes et s’accumulent dans les hydrosystèmes. Les traitements supplémentaires sont loin d’être une solution idéale : ils sont extrêmement coûteux, énergivores, et la dépollution n’est jamais totale. La logique préventive peine à s’imposer en dépit des arguments économiques et du principe du pollueur-payeur.
Pourtant, s’agissant des pollutions d’origine agricole, les élus locaux disposent de puissants leviers pour contrer le modèle intensif dominant tout en contribuant à sécuriser les revenus agricoles, notamment grâce aux Projets alimentaires territoriaux et aux paiements pour services environnementaux, qui soutiennent des pratiques agroécologiques et préservent ainsi les ressources en eau.
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