La victoire, le 8 février, du parti Parti libéral-démocrate (PLD) aux élections législatives japonaises a constitué un succès majeur pour Sanae Takaichi : la première ministre du Japon, qui avait été propulsée de facto à la tête du pays après avoir pris les rênes de son parti, le 21 octobre 2025, a ainsi été confirmée dans la fonction par les électeurs eux-mêmes. Elle est la première femme à accéder à ce poste dans l’histoire du Japon moderne.
L’événement a déclenché une vague de curiosité et d’inquiétude dans les médias occidentaux : le Japon serait en train de basculer dans l’ultranationalisme, a-t-on pu lire et entendre un peu partout. En 2017, la nouvelle victoire aux élections législatives de la coalition menée par Shinzo Abe, le mentor de Mme Takaichi, issu de la même faction de la droite dure du PLD, ne suscita pas le même émoi. L’ancrage de M. Abe dans le nationalisme aura pourtant été bien plus profond, notamment par ses liens plus développés avec des réseaux d’influence tels que la Nippon Kaigi (« conférence du Japon »), une association ultraconservatrice. Pourquoi donc une telle différence de couverture, d’une élection à l’autre, dans la presse occidentale ?
L’explication la plus immédiate est tout simplement celle de notre méconnaissance du Japon. Ce pays est loin de l’Europe, à l’autre bout du continent asiatique, et souvent perçu comme profondément étranger. Si la culture populaire japonaise, des dessins animés aux sushis, est entrée dans notre quotidien – la France est même le premier consommateur de mangas hors de l’Archipel – , la politique nippone nous est, en revanche, peu familière. Paradoxalement, les Français n’ont jamais autant voyagé au Japon, mais restent peu informés du fonctionnement de cette démocratie d’Asie orientale, la plus ancienne de la région, et la plus proche, par ses valeurs, des pays européens.
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