- Le député LFI, arrivé largement en tête du premier tour des élections municipales dimanche dernier, devrait être élu maire de Roubaix (Nord).
- Quatre ans après son élection comme député dans la ville du Nord, celui qui a grandi en Île-de-France confirme son implantation dans le département.
- Pour mieux connaître l’élu qui s’est fait connaître sur les plateaux de télévision, voici cinq choses à savoir sur David Guiraud.
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Élections Municipales 2026
Il est en passe d’être élu à la tête de ce qui serait la plus grande ville dirigée par un Insoumis. David Guiraud, 33 ans, est arrivé largement en tête du premier tour des élections municipales à Roubaix, 100.000 habitants, dimanche 15 mars. Il devrait confirmer son bon score en se faisant élire à l’Hôtel de ville de la commune du Nord ce 22 mars. Le diplômé de sciences politiques, qui a grandi aux Lilas (Seine-Saint-Denis) et a rejoint Jean-Luc Mélenchon dès 2012, validera sa stratégie d’implantation dans ce territoire, après une campagne au long cours menée sans alliance. Pour mieux connaître son parcours, voici cinq choses à savoir sur l’Insoumis.
Il désigne Jean-Luc Mélenchon comme son « mentor »
David Guiraud rejoint le Parti de gauche, fondé par Jean-Luc Mélenchon, lors de la campagne présidentielle de 2012. « Celui qui portait la parole la plus claire et la plus intéressante, c’était Jean-Luc Mélenchon »
, explique le licencié d’histoire et détenteur d’un master en sciences politiques, qui le désigne comme son « mentor ». « Il parlait de bonheur, il ne portait pas de discours gestionnaires. » « J’ai un rapport d’affection avec quelqu’un qui, pour moi, a porté notre famille politique et a permis à la gauche de rester debout dans une époque où la plupart des organisations de gauche radicales se sont effondrées en Europe et dans le monde »
, poursuit celui qui, une fois La France insoumise créée, en 2016, en est devenu le porte-parole jeunesse, avant d’être élu député du parti en 2022.
Son père est un cadre du PS en Seine-Saint-Denis
Chez les Guiraud, la politique est une affaire de famille. Le père de David Guiraud, Daniel Guiraud, a été maire des Lilas (Seine-Saint-Denis) entre 2001 et 2020. Il est toujours premier vice-président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, et sixième vice-président du Grand Paris. Dans un portrait consacré à David Guiraud en 2021, StreetPress indique que chez les Guiraud, le soir autour de la table du dîner, s’invitaient parfois Claude Bartolone, ancien président PS de l’Assemblée nationale, ou Bertrand Delanoë, ancien maire socialiste de Paris.
Aujourd’hui, les deux hommes ne sont plus vraiment sur la même ligne. « Il vit sa vie politique, je vis la mienne, on n’est pas sur les mêmes orientations, l’histoire dira qui a raison »
, a lâché son père à Libération
.
« Je n’ai jamais eu le sentiment de ne pas être à ma place dans ce milieu »
, explique par ailleurs celui qui juge que son père fait de la politique « à l’ancienne »
. « On sent qu’il a baigné dans la politique »
, confirme d’ailleurs le député et président de la commission des Finances Éric Coquerel, dont David Guiraud a été l’assistant parlementaire à son élection comme député en 2017.
Il a choisi Roubaix pour s’implanter politiquement
Pour s’éloigner des terres politiques de son père, David Guiraud choisit Roubaix comme point de chute, un territoire qui avec ses quartiers populaires « fait penser à la Seine-Saint-Denis »
. « C’est une circonscription populaire qui connaît les mêmes problématiques qu’en Seine-Saint-Denis. Il n’y a pas de grandes différences »
, assure-t-il à Libération
. Aussi, « je ne voulais pas militer aux Lilas car je ne voulais ni être dans la lumière de mon père ni dans son ombre. J’ai fait ma vie politique sans lui et tant mieux. Je ne voulais rien lui devoir, j’ai de l’orgueil »
, confesse-t-il.
Il y est élu député du Nord en 2022, avec 64% des voix au second tour, et même plus de 70% sur la ville de Roubaix. Il souhaite faire changer le discours qui a été asséné sur la ville. « Ce qui a tué à petit feu notre ville, c’est le silence et la lâcheté de ceux qui étaient censés la défendre. Roubaix a été pointée du doigt comme la ville du ‘grand remplacement’ par l’extrême droite »
, déplore-t-il.
Il s’est fait connaître sur les plateaux de télévision
« C’est notre roquette la mieux affûtée contre CNews et ses plateaux »
, l’a félicité Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting en janvier dernier. Les punchlines du jeune homme ont souvent fait mouche, et il a appris à argumenter dans le bon timing. « Tu ne peux pas interrompre tout le temps, sinon tu as l’air insupportable. Mais tu ne peux pas non plus laisser quelqu’un comme Jean Messiha dérouler. Sinon, tu peux être sûr qu’il va publier une vidéo dans laquelle il dit qu’il t’a tartiné »
, expliquait-il à StreetPress. « J’affûte mes arguments en anticipant ceux de mes adversaires pour pouvoir les coincer. Je prends souvent les gens à leurs contradictions, et après il y a une vanne »
, indiquait-il encore plus récemment auprès de l’AFP.
Pour tout ça, être un « fils de », l’a aidé, selon lui. « Quand j’ai débarqué sur les plateaux, je n’avais pas cette appréhension face aux hommes de pouvoir ou le sentiment de ne pas être légitime, alors qu’on peut se retrouver tétanisé. Je savais ce que c’était, avoir du pouvoir, et que ce n’avait rien de mystique »,
confesse-t-il dans Libération
.
Un défenseur de la cause palestinienne
David Guiraud est l’un des plus grands défenseurs de la cause palestinienne au sein du mouvement insoumis. Mais en 2023 à Tunis, il avait déclenché une polémique après avoir été accusé de relativiser les atrocités du Hamas le 7-Octobre en semblant établir un parallèle avec les massacres de Sabra et Chatila, au Liban en 1982, dont il avait attribué à tort la responsabilité à Israël (les massacres furent commis par des phalanges chrétiennes libanaises lors d’une intervention militaire israélienne au Liban, mais la responsabilité d’Israël fut aussi engagée pour ne pas avoir empêché ces massacres, ndlr).
Dans une longue série de messages, il avait reconnu s’être trompé et avait nié toute minimisation de l’attaque du 7-Octobre. « J’ai fait mon introspection, je sais ce qu’il s’est passé. Je vois des images horribles de morts palestiniens, ça me désensibilise du 7-Octobre. À Tunis, j’ai parlé avec trop de légèreté, j’ai merdé, j’ai manqué de compassion »
, avouait-il plus tard auprès de Libération
.
Le passionné de jeux vidéo et de mangas a aussi été accusé de défendre un prédicateur du Nord, l’imam Hassan Iquioussen, en protestant contre son expulsion, dénonçant une décision relevant selon lui du « fait du prince »
et un « dévoiement de l’État de droit »
, tout en affirmant « ne pas être solidaire de propos homophobes ou antisémites »
tenus par l’imam.
En janvier 2024, il est accusé d’antisémitisme après avoir commenté une plainte de l’Observatoire juif de France contre lui pour « apologie du terrorisme » en affirmant qu’on veut le faire taire alors qu’il dénonce des crimes des « dragons célestes »
, expression qui serait utilisée sur Internet pour évoquer les Juifs sans les nommer.











