- Après avoir perdu son titre de champion d’Afrique au profit du Maroc mardi soir, la Fédération sénégalaise de football a saisi la plus haute instance sportive du ballon rond pour contester cette décision.
- Un bras de fer juridique s’ouvre désormais entre les deux pays à la suite de la finale perturbée le 18 janvier par le départ des joueurs sénégalais du terrain.
- Le Sénégal accuse le Maroc de « corruption ».
Le match pour le titre de champion d’Afrique se poursuit sur les bancs de la justice. La Fédération sénégalaise de football (FSF) déclare jeudi 19 mars avoir donné mandat à ses avocats de « saisir le Tribunal arbitral du sport »
, plus haute juridiction sportive basée à Lausanne, en Suisse, après avoir été déchue de son titre continental par la Confédération africaine, au profit du Maroc.
Pour rappel, le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé mardi soir de « déclarer l’équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale »
, pourtant remportée 1-0 (après prolongation) par les Lions de la Teranga, « le résultat étant homologué sur le score de 3-0 »
en faveur du pays hôte de l’épreuve.
« Rétablir l’équité sportive »
Après ce coup de théâtre, la Fédération sénégalaise de football (FSF) annonce, dans une résolution de son comité exécutif lue jeudi lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, avoir donné mandat à ses avocats de « saisir le TAS à Lausanne, juridiction neutre et indépendante »
. « La FSF usera de tous les moyens légaux, institutionnels et juridictionnels possibles pour faire valoir ses droits et rétablir l’équité sportive »
, peut-on lire dans cette résolution.
Par ailleurs, la FSF « réaffirme sans équivoque que l’équipe nationale du Sénégal est l’unique et véritable vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations 2025, un titre acquis de droit sur le terrain »
. La décision de la CAF a suscité de vives réactions dans le pays ouest africain deux mois après le retour triomphal de son équipe, qui avait été sacrée au terme d’une finale rocambolesque, émaillée d’incidents, le 18 janvier à Rabat.
L’affaire a même pris un tour diplomatique, quand le gouvernement sénégalais a réclamé mercredi l’ouverture d’une enquête internationale « pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF »
, où l’influence marocaine est souvent pointée du doigt. Le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, s’est défendu dans la foulée en assurant qu’aucun pays d’Afrique n’était traité de manière « préférentielle »
, louant « l’indépendance »
de ses instances disciplinaires.
Bataille juridique
Dans une publication sur les réseaux sociaux, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, s’est lui affiché à son bureau, devant la coupe de la CAN et signifiant son « indignation »
face à la décision de la CAF.
Pourquoi une telle décision ? Le 18 janvier, plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse lors de la finale pour contester une décision de l’arbitre qui, après avoir refusé un but au Sénégal, avait accordé un penalty au Maroc dans le temps additionnel de la seconde période. Au bout de quinze minutes de confusion et dans un chaos qui avait gagné les tribunes, avec des supporters sénégalais lançant des projectiles et tentant d’envahir le terrain, les joueurs sénégalais partis étaient finalement revenus sur le terrain et l’ailier marocain Brahim Diaz avait totalement manqué son penalty.
Durant la prolongation, c’est le Sénégal qui s’était imposé grâce à un but de Pape Gueye. Fin janvier, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF), sans alors remettre en cause le résultat final, avait infligé une série de sanctions disciplinaires, dont des amendes s’élevant à plusieurs centaines de milliers d’euros, aux fédérations des deux pays, pour comportements antisportifs. Le feuilleton de la CAN 2025 est encore loin d’être achevé alors que le bras de fer juridique ne fait que commencer.








