Planté en haut des marches de la Rotonde Stalingrad, dans le 19e arrondissement, l’ancien maire socialiste de Paris de 2001 à 2014, Bertrand Delanoë, tire sur sa cigarette et regarde la foule massée en face, les yeux rougis. Il n’est même pas 21 heures, dimanche 22 mars, et les partisans d’Emmanuel Grégoire, candidat de l’union de la gauche (hors La France insoumise, LFI) pour la mairie de Paris exultent devant les écrans géants qui affichent une très large avance pour leur candidat, irrattrapable pour sa concurrente Les Républicains (LR), Rachida Dati. Il remportera l’Hôtel de ville avec 50,52 % des voix, et au-delà du score, c’est la plus belle victoire de la gauche à Paris depuis 2001. Bertrand Delanoë a de quoi être ému, « et heureux ! » Ce sont les seuls mots qu’il lâchera à la presse. Ce soir, c’est son ancien chef de cabinet qui est ovationné par ses partisans et ses colistiers qui dansent, chantent et n’en reviennent pas eux-mêmes de l’écart qui le sépare de l’ex-ministre de la culture.
« Paris a décidé de rester fidèle à son histoire », s’est félicité le maire élu dans son premier discours, saluant « la victoire d’une certaine idée de Paris, un Paris vivant, un Paris progressiste, un Paris populaire, un Paris pour tous ». « Paris n’est pas et ne sera jamais une ville d’extrême droite », a-t-il ajouté, promettant que son « bureau sera toujours ouvert pour l’opposition ». Emmenée pour la deuxième fois par Rachida Dati après un échec en 2020, celle-ci accuse une nouvelle défaite cuisante, presque une humiliation, à exactement neuf points derrière la gauche unie (41,52 %). A quelques kilomètres de là, dans son QG de campagne dans le 12e arrondissement, Rachida Dati ne peut que reconnaître qu’elle n’a « pas réussi à convaincre suffisamment que le changement était non seulement possible mais surtout nécessaire ».
Il vous reste 79.64% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.









