LETTRE DE NAIROBI
C’est le début d’après-midi en ce samedi de novembre 2025 et la salle du Nairobi Cinema, au cœur de la capitale kényane, est quasiment pleine. Etudiants et jeunes actifs occupent les sièges fatigués de la salle de spectacle dans un joyeux brouhaha. L’endroit, en plus de projeter des films, accueille des meetings religieux où de sémillants pasteurs en costumes trois-pièces prêchent la bonne parole, bible à la main.
Ce jour-là, rien de tout cela. Si une partie de la jeunesse kényane s’est réunie, c’est pour assister au lancement du quatrième numéro de la revue littéraire Qwani. Un surprenant objet de 200 pages mêlant textes de fiction, des poésies, des essais, des dessins et de la bande dessinée. Le thème de ce nouveau numéro : Nairobi vue par la génération Z, « une ville où les bordels se cachent derrière les églises et où les hommes les plus droits oublient leur morale à la nuit tombée », écrit Edwin Okeyo, l’un des contributeurs.
Dans les coulisses, Keith Ang’ana, 24 ans, sourit, satisfait de voir autant de monde. Près de 300 exemplaires ont déjà été écoulés. Keith Ang’ana et une poignée d’autres jeunes auteurs sont à l’origine de la renaissance de cette revue emblématique des années 2000 qui a cessé de paraître au mitan des années 2010. « Recréer Qwani au début des années 2020 était un moyen de rendre hommage aux auteurs kényans de la génération précédente. Ceux qui nous ont influencés comme Binyavanga Wainaina, Yvonne Owuor, Billy Kahora ou Parselelo Kantai », explique, au Monde, Keith Ang’ana, le 24 mars.
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