- La banquise a atteint, cet hiver, l’une des plus faibles superficies jamais enregistrées.
- Elle est similaire au record de l’an passé, selon l’observatoire américain de référence pour cette zone.
- La hausse des températures mondiales affecte disproportionnellement l’Arctique, qui se réchauffe quatre fois plus vite que la moyenne mondiale.
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Notre planète
Urgence, ça fond. La banquise de l’Arctique, formée par le gel de l’eau de mer, a atteint un nouveau plus bas inquiétant. Selon l’observatoire américain de référence pour cette région cruciale, elle enregistre, cet hiver, l’une des plus faibles superficies jamais enregistrées, similaire au record de l’an dernier.
Pour cette année, la banquise a cessé de croître au 15 mars, une semaine avant l’année dernière. Elle est également légèrement en-dessous du niveau de 2025, soit 14,31 millions de km², statistiquement identique à l’an dernier, selon le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) (nouvelle fenêtre), basé à l’université du Colorado à Boulder. Il s’agit du plus bas niveau observé en 48 ans d’observations satellitaires.
« Nouvelle Méditerranée »
Ce niveau record « donne de l’avance à la saison de fonte du printemps et de l’été »,
a déclaré le chercheur du NSIDC Walt Meier. Cette reconstitution médiocre peut provoquer « une fonte estivale potentiellement plus rapide et importante »,
a dit récemment à l’AFP Samantha Burgess, du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF).
La banquise fond naturellement en été et se reforme en hiver. Mais en raison du changement climatique, la proportion dans laquelle elle se reforme chaque hiver est en déclin. D’autant que la hausse des températures mondiales affecte disproportionnellement l’Arctique, qui se réchauffe quatre fois plus vite que la moyenne mondiale.
Si la fonte de la banquise ne fait pas directement monter le niveau des océans, contrairement à la fonte de la glace qui se situe sur terre (calottes glaciaires, glaciers), elle provoque de nombreuses conséquences climatiques qui menacent bien des écosystèmes. De nombreuses espèces comme l’ours polaire ou les phoques dépendent de la banquise pour se reproduire et se nourrir.
Enfin, la fonte a des conséquences géopolitiques, car elle ouvre de nouvelles voies maritimes et l’accès à des ressources minérales. Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump répète qu’il veut s’emparer du Groenland. « La fonte des glaces marines induite par le changement climatique transforme l’Arctique en une nouvelle Méditerranée : une ressource maritime commune partagée, entourée d’États rivaux »,
dit à l’AFP Elizabeth Chalecki, experte en changement climatique et sécurité.








