- L’ONU a annoncé lundi qu’un Casque bleu indonésien avait été tué dans le sud du Liban.
- La « zone tampon », objet de toutes les convoitises entre le Hezbollah pro-iranien et Israël, est occupée par plus de 10.000 soldats de la Finul.
- Depuis 1978, ils tentent de faire appliquer une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.
La Finul en première ligne de la nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah. Près d’un mois après le début du conflit, un Casque bleu indonésien a été tué au Liban à la suite de l’explosion d’un projectile. Un drame qui ne surprend guère : la Force intérimaire des Nations unies au Liban a signalé ces dernières semaines que ses positions avaient été touchées à plusieurs reprises au cours des combats.
Le 7 mars, trois soldats ghanéens ont notamment été blessés par des tirs dans une ville frontalière du sud du pays. Une zone que la Finul connaît très bien, elle qui a été constituée en 1978 par les Nations unies pour, officiellement, « confirmer le retrait des troupes israéliennes du Liban sud (…) et aider le gouvernement libanais à assurer le rétablissement de son autorité effective dans la région
« . Ses effectifs avaient été alors fixés à 6.000 hommes. En 2026, elle recense environ 10.800 hommes. Ses plus gros contingents viennent d’Indonésie, d’Inde, du Ghana, d’Italie et du Népal. La Malaisie, l’Espagne et l’Irlande sont également contributrices en hommes. La France, elle, a envoyé 700 soldats.
Un retrait prévu pour décembre 2027
L’organisation avait été créée dans un contexte particulier, celui de « l’opération Litani ». En 1978, Tsahal effectue alors sa première incursion sur le sol libanais, pénétrant sur une profondeur d’environ 40 km avec un objectif : repousser l’Organisation de libération de la Palestine au-delà du fleuve Litani, vers Beyrouth. Sommé par le Conseil de sécurité de retirer ses forces de tout le territoire libanais, Israël avait alors conservé une bande frontalière censée servir de bouclier face aux attaques palestiniennes. C’est là que la Finul va s’installer… et voir revenir Tsahal, quatre ans plus tard.
En 1982, les troupes israéliennes sont en effet allées jusqu’à Beyrouth, avant de se retirer en 1985 tout en gardant le contrôle d’une bande frontalière, le long de la frontière. C’est en août 2000 que la Finul, jusque-là témoin impuissant face à Israël dans le sud du Liban, s’est déployée à la frontière après la fin de l’occupation israélienne en mai.
Son rôle a été renforcé depuis le conflit de 33 jours qui a opposé le Hezbollah à Israël à l’été 2006. La Finul est désormais chargée de surveiller l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité qui stipule que seuls l’armée libanaise et les Casques bleus doivent être déployés dans le sud du Liban. Ceux-ci doivent ainsi patrouiller le long de la Ligne bleue, ligne de démarcation fixée par l’ONU entre le Liban et Israël, d’une dimension comparable à deux départements français.
Les Casques bleus devront quitter le Liban à partir du 31 décembre et dans un délai d’un an, conformément à une résolution votée en août dernier sous la pression des États-Unis et d’Israël. Une décision regrettée par le Premier ministre libanais, Nawaf Salam. Une nouvelle force internationale sera nécessaire en raison notamment d’une « histoire d’hostilité entre Liban et Israël, qui a 70 ans, 80 ans
« , avait estimé en janvier Nawaf Salam. « On aura besoin d’une force de liaison
« .







