LA LISTE DE LA MATINALE
En cette semaine post-Séries Mania, on pourra découvrir sur Disney + une des séries – mais pas la meilleure – de la compétition, Dear Killer Nannies. Ceux que les destins cocaïnés du cartel de Medellin laissent indifférents seront plutôt séduits par les parallèles que dresse la saison 2 de Daredevil avec l’actualité, par le charme rugueux d’un polar gallois (Under Salt Marsh) ou par l’humour radical de Rhiz Ahmed (Bait/Coupez).
« Daredevil, Born Again » : chronique de la confiscation du pouvoir
La première saison de Daredevil, Born Again ne se distinguait pas par sa grâce. Il s’agissait d’abord de rapatrier sur la plateforme de Disney une série qui s’était épanouie sur Netflix, de trouver un point d’équilibre entre l’univers Marvel tel qu’il s’est développé sous l’égide de la multinationale de Burbank et l’atmosphère violente et pessimiste caractérisant des séries (Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage) ayant grandi à l’écart du Marvel Cinematic Universe. Dominé par la figure de Wilson « le Caïd » Fisk (Vincent d’Onofrio), empereur du crime élu maire de New York, le retour de Daredevil (Charlie Cox) dans le giron disneyien chancelait sous le poids de la violence, des multiples références à d’autres recoins de l’univers Marvel et du nombre de personnages. D’où la surprise que provoque cette deuxième saison, fluide et énergique, qui s’est choisi un objectif : la chronique de la confiscation du pouvoir par un mégalomane aux intentions néfastes. L’affrontement entre l’avocat aveugle et le colosse criminel est délibérément mis en scène comme un pamphlet cinématographique. Les séquences qui montrent des policiers hors de contrôle kidnappant les habitants de Spanish Harlem ou du Bronx résonnent fortement. Dans le rôle du superhéros déchiré entre les délices toxiques de la vengeance et les servitudes du respect du droit, Charlie Cox se fait plus convaincant pendant que Vincent d’Onofrio se délecte de son personnage monstrueux. T. S.
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