- Les vols de colliers à l’arraché ont pris de l’ampleur ces derniers mois, en lien avec la hausse du cours de l’or.
- Un phénomène qui laisse de nombreuses victimes traumatisées.
- Une équipe de TF1 a observé comment les forces de l’ordre tentent d’y faire face.
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Le 20H
Deux mois après son agression, Léna garde toujours un traumatisme. La jeune femme de 22 ans rentrait du travail, le soir, lorsqu’à la sortie du métro, un homme l’accoste et lui barre la route. « Je me suis faufilée pour essayer de sortir d’entre nous deux, et au moment où je suis partie, il m’a attrapée le collier, il a tiré et est parti en courant »,
raconte-t-elle dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article.
Elle portait un bijou sans prétention acheté pour quelques euros seulement. « C’était un collier très basique, fantaisie. Je pense que la personne a dû se dire que ça devait être quelque chose de valeur, mais non, ça ne l’était pas »,
poursuit celle qui, même si elle porte toujours des bijoux, préfère depuis les cacher lorsqu’elle le peut.
Si les images de ces agressions, très furtives, sont rares, notre reportage en montre une, filmée il y a quelques années dans les tunnels du métro parisien, d’une dame âgée se faisant brutalement arracher son collier. Violentes et sans armes, ces agressions sont en hausse en France, avec 49.300 vols avec violence recensés l’année dernière, soit 1.000 de plus qu’en 2024.
La vidéosurveillance comme meilleure arme
Cette augmentation est liée en partie au prix record de l’or, 127 euros le gramme, qui incite les voleurs à passer à l’acte. Le phénomène concerne l’ensemble du territoire. « Je fais très attention, que ce soit en ville ou dans le métro »,
réagit une passante face à notre caméra. « Je ne prends qu’un petit sac avec juste mon porte-monnaie, une carte d’identité, etc. »,
abonde une autre.
Dans ces affaires, la vidéosurveillance est la meilleure arme des forces de l’ordre, comme le confirme la police municipale de Toulouse en ouvrant les portes de son centre de surveillance à notre équipe. Les images des quelque 700 caméras de la ville y sont scrutées en permanence. Grâce à elles, après un signalement, la police peut identifier et suivre les déplacements des voleurs.
À titre de repère, à Toulouse, on compte 1.000 interpellations par an en moyenne grâce à ces caméras, dont plus d’un tiers pour des vols à l’arraché. « On va avoir des vols de téléphones portables, on va avoir des vols de chaînes, de bijoux. On travaille à la fois en flagrance, nous au quotidien, en temps réel avec les policiers municipaux. On aide la police nationale, et puis on a aussi la police nationale qui peut réquisitionner des images »,
explique Emilion Esnault, adjoint au maire de Toulouse délégué à la sécurité.
Pour se débarrasser rapidement de leur butin, les voleurs se rendent parfois chez les négociants d’or et d’argent. Mais, dans ces établissements, la loi s’est durcie.
Aujourd’hui, la moindre transaction est soumise à une procédure très stricte. « Il nous faut leur pièce d’identité. Si leur pièce d’identité ne peut pas nous être donnée pour raison X ou Y, on ne peut pas faire de transaction »,
détaille Géraldine, négociante en métaux précieux, au sein de l’établissement « or en cash » à Lyon, soulignant qu’il faut pouvoir montrer patte blanche «
à tout moment ». « En fait, systématiquement, tous les bijoux sont pris en photo et pour ce qui est du paiement, c’est un paiement soit par chèque, soit par virement. »
Une transparence totale est donc exigée, et toutes ces informations seront conservées dans un livre de police consultable par les enquêteurs pour retrouver un suspect ou un bijou.
Les voleurs qui cherchent avant tout à se faire discrets essayent donc de plus en plus de se débarrasser de leur butin sur des sites de revente entre particuliers, ou de soudoyer des tiers pour vendre les bijoux volés à leur place.









