- Gracié en novembre dernier, Boualem Sansal annonce son intention de poursuivre en justice le président algérien Abdelmadjid Tebboune.
- « C’est lui qui m’a condamné », a-t-il déclaré ce samedi lors d’une conférence à l’Assemblée nationale.
- Gracié en novembre, l’écrivain a passé un an dans une prison de son pays de naissance, reconnu coupable d' »apologie du terrorisme ».
Boualem Sansal contre-attaque. Invité ce samedi de la Journée du livre politique qui se tenait à l’Assemblée nationale, l’écrivain a annoncé qu’il entendait « attaquer en justice
» le président algérien Abdelmadjid Tebboune qui l’a gracié en novembre dernier, après un an derrière les barreaux dans son pays de naissance.
« J’ai écrit à Monsieur Tebboune quand j’étais en prison, je lui ai dit
‘si vous me libérez, je vous attaque en justice ». Et je vais attaquer Monsieur Tebboune, parce que c’est lui qui m’a condamné »
, a-t-il déclaré sous les applaudissements de la salle lors d’une table ronde avec l’avocat Richard Malka sur le thème « le livre politique, source d’engagement ».
Il va saisir la justice internationale
« Ils m’ont condamné à mort, en me mettant dessus tous les trucs – terrorisme, espionnage, attaque à la sûreté de l’État »
, a ajouté l’écrivain de 81 ans, qui avait été condamné à cinq ans de prison et incarcéré pendant près d’un an pour certaines prises de position critiques sur son pays natal, notamment au sujet du Sahara occidental, dans la revue d’extrême-droite Frontières
.
Interrogé par l’AFP après l’événement, Boualem Sansal a précisé que « la procédure est lancée »
. « Mon avocat a préparé un dossier pour saisir la justice internationale contre M. Tebboune »
, a-t-il ajouté, en disant « attendre le bon moment », évoquant le sort du journaliste sportif Christophe Gleizes, écroué en Algérie depuis mai 2024 où il a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ».
Élu à l’Académie française fin janvier, Boualem Sansal a récemment claqué la porte de son éditeur historique Gallimard, qui l’avait soutenu et accompagné lors de son incarcération, pour rejoindre Grasset, une des maisons du géant Hachette Livre, propriété du groupe Louis Hachette contrôlé par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré.









