- Un électricien-chauffagiste de 41 ans a été condamné à vingt-cinq ans de réclusion pour le viol et le meurtre de son épouse en 2023 dans la commune de Capdeville.
- Un verdict en deçà des réquisitions du ministère public qui a provoqué la colère de la famille de la victime.
- Après avoir reconnu d’emblée les faits, l’accusé avait présenté ses « excuses » à ses filles âgées de 7 à 17 ans.
Les parents de la victime se disent « révoltés »
, « choqués »
et « très meurtris »
par un verdict en deçà des réquisitions. La cour d’assises du Tarn-et-Garonne a condamné lundi à vingt-cinq ans de réclusion criminelle un électricien-chauffagiste, reconnu coupable du meurtre de son épouse avec actes de torture et de barbarie. Elle l’a en outre condamné à sept années de suivi socio-judiciaire, avec notamment une obligation de soins, comme l’avait requis le ministère public.
Le 13 mars 2023, Sébastien Bettencourt, 41 ans, avait violé, poignardé puis étranglé sa femme Isabelle, 36 ans, mère de leurs cinq filles, à leur domicile de Capdeville. « En trente-cinq ans d’expérience de police judiciaire, je n’ai jamais vu un tel acharnement »
, a déclaré à propos de la scène du crime l’avocat général, Bruno Sauvage, en requérant la réclusion criminelle à perpétuité assortie de vingt-deux ans de sûreté.
Dès le début de son procès, mercredi au palais de justice de Montauban, l’accusé avait reconnu l’intégralité des faits, en expliquant ne s’être souvenu qu’au cours de la procédure, du viol commis et ne toujours pas se rappeler être allé chercher le couteau avec lequel il lui a porté deux coups. Après le meurtre, Sébastien Bettencourt avait fui le domicile familial en pleine nuit, laissant ses filles découvrir le corps de leur mère au matin.
Pour elles, « ce jour-là, le monde s’écroule »
, a décrit à l’audience leur avocate Valérie Durand, notant que « pour des enfants, une maman, c’est tout l’univers réuni en une personne »
. « Il a commis la trahison suprême »
, a-t-elle asséné lors de sa plaidoirie. « Le chemin sera long et semé d’embûches »
pour la reconstruction des cinq sœurs, aujourd’hui âgées de 7 à 17 ans, dont trois étaient à l’audience.
Le père de famille, vêtu d’un pull brun clair, a baissé les yeux lorsque Me Durand a expliqué avoir été « sidérée » par son attitude lors des quatre jours d’audience. « Il n’a pas regardé ses filles, pas un regard, pas de larmes et, finalement, des excuses assez plates :
‘Je m’excuse, je sais que je vous ai déçues’«
, a-t-elle cité. « On n’est pas sur le registre de la déception, M. Bettencourt »
, a-t-elle fustigé. « Les faits ne sont pas décevants, ils sont monstrueux. Et les filles ne sont pas déçues, elles sont détruites. »
Avant que la cour ne se retire pour délibérer, Sébastien Bettencourt s’est adressé à ses filles. « Je suis franchement désolé. Je sais que ce mot paraît ridicule par rapport à ce que je vous ai fait, mais je n’en ai pas d’autre »
, a-t-il lâché, alors qu’il regardait pour la première fois dans leur direction. « Même si ça ne vous ramènera pas votre mère, je ne peux pas faire plus »
, a-t-il dit.
Son avocate, Morgane Morin, a qualifié le verdict de « décision juste et adaptée »
. Dans sa plaidoirie, elle avait mis en avant le passé de somnambule de son client, écarté selon elle « trop tôt dans ce dossier »
, pour tenter d’expliquer « l’horreur de son crime »
même si cette hypothèse avait été rejetée par les experts venus témoigner au procès. « Quand il se réveille, il est au dernier acte de violence »
, a-t-elle dit.
Caché dans le coffre de sa voiture
En plein état de « sidération »
, il aurait agi alors comme un « automate »
et quitté le domicile, avant d’être retrouvé plusieurs heures plus tard par une patrouille dans le coffre de sa voiture. « Il n’a pas cherché à fuir la police, mais à fuir l’horreur de son crime »
, avait plaidé l’avocate, avant le délibéré.
« Voilà un individu sanctionné par seulement vingt-cinq ans, sans période de sûreté, après que notre fille a été violée, assassinée dans des conditions parfaitement inhumaines »
, a déclaré le père de la victime, Alain Gabens, à la sortie de l’audience. Son avocat Fabien Arakelian a ajouté qu’il ne serait « pas surpris »
d’un appel du ministère public.









