- Agnès Lassalle a été mortellement poignardée par un élève le 22 février 2023 à Saint-Jean-de-Luz.
- Le procès de l’accusé de l’assassinat de cette professeure d’espagnol commence ce mardi 21 avril à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques.
- La question du discernement de celui qui était alors adolescent sera au cœur des débats.
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Une professeure mortellement poignardée par un élève
Il s’était subitement levé de sa chaise pour aller mortellement poignarder sa professeure d’espagnol : la cour d’assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques entame ce mardi 21 avril quatre jours de débats, à huis clos, pour juger l’accusé de l’assassinat d’Agnès Lassalle. Le 22 février 2023, cette femme de 53 ans qui enseignait depuis 1997 au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d’Aquin, à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), a été tuée d’un coup de couteau à la poitrine par son élève de 16 ans.
La question du discernement
Le degré de discernement de l’accusé, âgé de 19 ans aujourd’hui, sera au cœur des débats à Pau, à huis clos du fait de sa minorité à l’époque des faits. Ainsi que la préméditation, alors que l’adolescent avait récupéré le couteau de cuisine la veille chez son père, l’enroulant dans du papier essuie-tout et le glissant dans son sac pour aller au lycée le lendemain.
Ce garçon « anxieux »
qui dit avoir subi du harcèlement scolaire, suivi depuis quatre ans par un psychiatre, prend un traitement antidépresseur après une tentative de suicide en novembre 2022. Il rencontrait des difficultés dans la matière qu’enseignait Agnès Lassalle, d’autant plus que sa classe était composée en majeure partie d’élèves hispanophones.
Une « petite voix qui lui parle »
En garde à vue comme durant l’instruction, il a expliqué son geste par une « petite voix qui lui parle »
, un être « égoïste, manipulateur, égocentrique, qui l’incite à faire le mal »
. Les expertises réalisées pour déterminer sa responsabilité pénale se sont avérées contradictoires. Un psychiatre l’a d’abord jugé « discernant »
et son propre médecin a écarté tout « trouble psychique ou neuro-psychique ayant aboli ou altéré son discernement ou le contrôle de ses actes »
.
Un an plus tard, une expertise collégiale a cependant estimé que le discernement de l’élève a pu être « légèrement altéré »
par son « vécu de harcèlement scolaire »
, son état dépressif et son anxiété chronique. Un dernier rapport remis en novembre 2024 a conclu, lui, que ce discernement était « aboli »
au regard « d’un trouble psychique sévère »
.
Une grande émotion
« La prise en charge antérieure au drame était-elle suffisante ? Aurait-elle pu l’éviter ? Les débats seront douloureux pour tous »
, affirme Me Thierry Sagardoytho, avocat de l’accusé. Le compagnon de l’enseignante tuée, qui avait dansé autour de son cercueil pour lui rendre un dernier hommage, attend « une vérité judiciaire »
, selon son avocat, Me Sébastien Binet. « Aujourd’hui, il lui manque un mot ou une reconnaissance de l’accusé. Il pourrait assumer sa responsabilité, formuler des excuses et expliquer ce qui a provoqué l’acte »
, ajoute le conseil.
La mort d’Agnès Lassalle avait suscité une grande émotion au sein de la communauté éducative. Une minute de silence avait été observée dans les établissements scolaires du pays. L’AFP a recensé une dizaine de meurtres de professeurs depuis une quarantaine d’années dans le cadre de leur fonction.









