- Noahm, 19 ans, est mort de ses blessures le 2 juin dernier après une violente agression à Metz.
- L’enquête ouverte pour « meurtre aggravé par l’état d’ivresse manifeste » a été élargie à une possible motivation homophobe, a annoncé jeudi le parquet.
- Les parents de la victime ont dénoncé toute « récupération politique » après ce drame.
L’Assemblée nationale a associé lors d’une minute de silence mardi ce drame à celui de la mort de Lyhanna, 11 ans, et à celle du gendarme tué dans un accident d’un hélicoptère. Près de deux semaines après les faits, le parquet de Metz a annoncé jeudi 11 juin que l’enquête sur le meurtre de Noahm, 19 ans, était élargie à une possible motivation homophobe. Le procureur de la République, David Touvet, a indiqué dans un communiqué avoir pris « un réquisitoire supplétif du chef d’homicide volontaire commis à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime par une personne agissant en état d’ivresse manifeste »
.
De nombreuses voix ont dénoncé un crime homophobe
Le parquet estimait jusqu’à présent que les premiers éléments de l’enquête ne permettaient pas d’étayer la thèse selon laquelle Noahm aurait été violemment agressé, le 30 mai au petit matin à Metz, parce qu’il était homosexuel, avant de mourir trois jours plus tard des suites de ses blessures.
Ainsi, les deux hommes de 20 et 27 ans mis en examen dans le cadre de cette enquête étaient simplement poursuivis pour « meurtre aggravé par l’état d’ivresse manifeste », crime faisant encourir la réclusion criminelle à perpétuité. « Cette saisine supplétive assure au magistrat instructeur le cadre juridique permettant que ses investigations englobent le plus largement toutes les circonstances des faits »
, a ajouté le procureur de la République de Metz.
Guet-apens homophobes : le calvaire des victimesSource : JT 20h Semaine
Depuis sa mort, le 2 juin, de nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer un crime homophobe, l’association messine Couleurs Gaies organisant ce jour-là un rassemblement. Noahm a été « tué parce que gay »
a ensuite affirmé Julia Torlet, co-présidente de SOS Homophobie, dans une tribune publiée dans Libération
.
Puis le candidat insoumis à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a évoqué, la semaine dernière sur X, « une agression homophobe »
. « Dans notre République, personne, absolument personne, ne devrait être insulté, harcelé, tué, pour être qui il est, pour simplement aimer »
, a de son côté déclaré la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
Les parents de la victime rejettent toute « récupération politique »
« Effondrés »
et « apolitiques »
, les parents de Noahm en ont « ras-le-bol (…) de constater toute cette récupération politique »
, autour du meurtre de leur fils, a indiqué mercredi leur avocate, Sophie Friha. « On ne veut pas que Noahm soit instrumentalisé par un parti »
, a-t-elle ajouté, déclarant que les parents de la victime voulaient surtout « une prise de conscience sociétale »
et davantage « d’éducation »
des jeunes face à la violence. « Ce qui n’est plus tolérable, c’est qu’il n’y a pas une année où il n’y a pas un enfant qui meurt pour rien, pour un regard, au centre-ville de Metz »
, a poursuivi Me Sophie Friha.









