- Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a assuré que la France aura « assez de professeurs » à la rentrée 2026, grâce à la réforme du concours.
- Avec 24.000 admis contre 16.000 l’an dernier, la quasi-totalité des postes ont été pourvus, après des années de pénurie.
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Le satisfecit est assumé. « Nous aurons assez de professeurs »
à la rentrée 2026, a lancé ce jeudi 9 juillet (nouvelle fenêtre) le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, sur RMC, saluant « l’effet très net »
de la réforme du concours enseignant sur l’attractivité du métier. Il faut dire qu’après des années de pénurie, les chiffres sont pour le moins exceptionnels.
Dans le détail, cette année, 24.351 postes ont été pourvus sur environ 25.000 offerts, contre 16.311 admis l’an dernier. Le taux de postes pourvus grimpe à 98,5% dans le premier degré (contre 92,1% en 2025) et 96,1% dans le second degré (contre 90,6%). Des académies chroniquement déficitaires (nouvelle fenêtre) comme Créteil sont cette fois intégralement pourvues, et des disciplines longtemps en tension, comme en mathématiques, se redressent. À titre de comparaison, entre 2017 et 2021, plus de 5.500 postes étaient restés vacants. En 2022, plus de 4.000 postes n’avaient pas trouvé preneur, avant 3.185 en 2024.
Double session
Mais comment expliquer un tel rebond ? Premier élément : chose inédite, deux concours ont eu lieu la même année. La réforme du recrutement a en effet avancé le concours à la fin de la licence (bac+3), mais l’ancien concours à bac+5 existe encore. Résultat, une double session a rempli deux réservoirs de candidats en même temps, un système transitoire qui durera jusqu’en 2027, avant la disparition du concours à bac+5 en 2028.
Mais l’effet ne serait pas que comptable. « Le recrutement à bac+3 et la rémunération pendant les deux ans attirent davantage
, analyse auprès de TF1info Sébastien Decroix, secrétaire national de l’UNSA Éducation. On le voit aussi aux taux importants de candidatures à la nouvelle licence de professorat des écoles »
. Créée dans le cadre de la réforme, cette licence a effectivement fait le plein pour sa première année, avec « dix candidats pour une place »
, selon le ministère.
Le recrutement à bac+3 et la rémunération pendant les deux ans attirent davantage
Le recrutement à bac+3 et la rémunération pendant les deux ans attirent davantage
Sébastien Decroix, secrétaire national de l’UNSA Éducation
Même lecture à la FSU-SNUipp, premier syndicat des enseignants du premier degré, qui insiste sur un autre effet : la démocratisation du métier. « La proximité et la rémunération dès la première année attirent une frange du monde étudiant dont les familles parfois n’ont pas les capacités de payer deux années supplémentaires d’études »
, nous explique sa co-secrétaire générale, Aurélie Gagnier. « Il faut maintenant que ces jeunes étudiants restent dans le métier. »
1.891 suppressions dans le premier degré
Mais recruter n’est pas pour autant synonyme d’effectifs en hausse. Car dans le même temps, plus de 3.500 postes seront supprimés (nouvelle fenêtre) à la rentrée 2026, dont 1.891 dans le premier degré. Raison invoquée ? La démographie, alors qu’environ 150.000 élèves de moins sont attendus à la rentrée, après 106.900 l’an dernier. Sur la décennie 2019-2029, le premier degré devrait perdre près d’un million d’élèves.
« Le ministère intègre déjà les lauréats du concours dans les moyens d’enseignement de l’année suivante. Voilà pourquoi cela n’empêche pas de supprimer des postes »
, explique Aurélie Gagnier. Autrement dit, ces futurs professeurs viendront d’abord compenser les départs à la retraite ou volontaires, et non gonfler le nombre « déjà insuffisant »
d’enseignants devant les élèves.
Car garantir qu’un professeur absent sera « remplacé dans les deux heures, ce serait mentir que de le dire »
, a lui-même nuancé Édouard Geffray ce matin. Un point que confirme la responsable syndicale : « Toutes les zones ne sont pas couvertes. On manque encore de remplaçants ou encore d’enseignants spécialisés. Les académies de Versailles ou de Guyane par exemple n’ont également pas fait le plein. Sans oublier que même si les effectifs par classe ont baissé, on reste au-dessus de la moyenne européenne »
. Il faudra désormais attendre 2028, et la fin de leur formation, pour mesurer les effets réels de cette hausse des admis au concours.









