- La broderie du XIe siècle de près de 70 mètres de long a quitté Bayeux dans un double caisson, pour un périple en camion vers le Royaume-Uni.
- Elle doit être exposée au British Museum, qui doit la présenter aux visiteurs à partir du 10 septembre.
- Ce transfert a fait l’objet de plusieurs études techniques, l’œuvre étant déjà fragilisée par des trous et des déchirures.
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Double caisson, études techniques, voyages tests… L’opération, particulièrement délicate, a demandé une grande préparation. La tapisserie de Bayeux a débuté jeudi 9 juillet son transfert historique (nouvelle fenêtre) et sous haute surveillance vers Londres, où elle doit être prêtée pendant un an au British Museum pour y être exposée, a appris l’AFP de source proche du dossier.
Fragilisée par les années, cette broderie du XIe siècle de près de 70 mètres de long a quitté son antre de Bayeux, dans le Calvados, dans un double caisson spécialement conçu pour réduire les vibrations pendant son transport en camion vers le Royaume-Uni. Cette oeuvre unique, qui narre la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066 (nouvelle fenêtre), sera réceptionnée à l’issue du périple par le British Museum, qui l’exposera à plat du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.
Un double caisson capable de réduire de 96% les vibrations du transport
Ce prêt inédit avait été annoncé en juillet 2025 par le président français Emmanuel Macron pour « revivifier la relation culturelle »
avec le Royaume-Uni (nouvelle fenêtre), dix ans après le Brexit. Ce transfert, entièrement financé par le Royaume-Uni pour un montant non dévoilé, a donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutent la dégradation irréversible (nouvelle fenêtre) d’une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.
Fin 2021, une étude d’expertes en restauration avait mis en garde contre les « risques supplémentaires »
(nouvelle fenêtre) qu’un trajet de plus d’une heure ferait peser sur cette broderie de laine sur lin, fine comme de la dentelle. Alors, pour relever le défi logistique du transfert Outre-Manche, plusieurs études techniques ont été nécessaires et deux voyages tests ont été entrepris avec une reproduction grandeur nature de la tapisserie.
Selon ses concepteurs, le double caisson dans lequel l’œuvre a pris place permet de réduire de 96% les vibrations liées au transport, un des principaux risques pour sa conservation, et de la maintenir à une température de 20°C et à 50% de taux d’humidité. « Rien, absolument rien, n’a été laissé au hasard »
, avait martelé début juin la ministre de la Culture française, Catherine Pégard, battant en brèche les « soupçons d’impéritie »
.
En septembre, une très délicate opération avait déjà été requise pour extraire la tapisserie de Bayeux de son musée, qu’elle n’avait plus quitté depuis 1983 et qui est depuis fermé pour travaux. Signe de la valeur de cette pièce unique, le Royaume-Uni s’est engagé à verser 800 millions de livres (environ 917,9 millions d’euros) en cas de dégradation majeure de la tapisserie (nouvelle fenêtre).
À son retour en France courant 2027, la tapisserie devrait retrouver son musée de Bayeux avant de faire l’objet d’une délicate rénovation, prévue de longue date et plusieurs fois repoussée. Selon les autorités, elle devrait commencer à partir de 2028 et pourrait se tenir à l’intérieur du musée et en présence du public, pour éviter une nouvelle extraction.









