- Pourquoi a-t-on perdu autant de bistrots ?
- Les chiffres sont impressionnants : moins 400.000 en un siècle.
- Les raisons sont multiples : on a changé nos habitudes, on boit moins et ce n’est pas toujours facile de reprendre un bar.
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Les artisans de nos régions
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Selon les données de l’Insee, la France comptait 470.000 débits de boissons et bistrots en 1925. Un siècle plus tard, une baisse de 90% a été observée. En effet, en 2025, il ne restait plus que 40.000 établissements du même type dans l’Hexagone. Une hécatombe qui s’explique notamment par plusieurs transformations sociétales majeures, dont la baisse de la consommation d’alcool ou encore l’évolution des modes de vie.
La fréquentation des bistrots en chute libre
Dans le cadre d’un reportage sur les bistrots, nos journalistes se sont rendus dans le Finistère. Ils ont d’abord été à la rencontre de Pascal Nicolas, le gérant d’un bar à Penzé dans lequel les clients se font de plus en plus rares. « Ici, la consommation d’alcool a baissé de 10 à 15% à l’année »,
regrette-t-il, avant de poursuivre : « La durée de présence des clients n’est plus aussi importante qu’elle l’était il y a quelques années. »
Malheureusement pour les bistrots, la consommation d’alcool a significativement baissé : elle a été divisée par deux depuis les années 1970 en France. Une tendance qui a contraint des milliers d’établissements à mettre la clé sous la porte. À Loqueffret, dans le Finistère, tous les bistrots ont fermé, alors qu’autrefois, on pouvait en compter plusieurs à vue d’œil.
Racheter un bar : un véritable parcours du combattant ?
Pour les gérants de bar, cette situation est d’autant plus complexe qu’il est particulièrement difficile de vendre l’établissement. En témoigne les propos de Sylvie, une femme de cinquante-cinq ans qui souhaite racheter un bar dans la ville de Chateaulin. « On va aller à la bagarre et on va négocier avec le banquier qui osera me suivre et qui aura confiance en moi »
, explique-t-elle. De son côté, l’ancienne gérante commence à désespérer, car l’histoire se répète inlassablement et ce, malgré la dizaine de potentiels racheteurs qu’elle a rencontrés. « Là, ça va faire déjà trois mois qu’on paye les comptables, qu’on paye tout, alors qu’il n’y a aucune rentrée d’argent. Ce n’est pas avec ma grosse retraite que je pourrais tenir »
, affirme-t-elle avec une pointe d’ironie. La tendance n’est toutefois pas près de s’inverser, puisque les supermarchés, qui vendent de l’alcool moins cher que les bistrots, séduisent plus facilement les jeunes.









