- Pris en otage début août par un groupe dissident des ex-FARC, un légionnaire colombien est parvenu à s’évader jeudi dernier.
- Les mains entravées, il a réussi à maîtriser son gardien avant de prendre la fuite, a détaillé une source militaire de haut rang à l’AFP.
- José Olger Melo Charry a ensuite marché pendant quatre jours dans les Andes, sans se faire repérer par le groupe violent.
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Tout s’est joué en quelques instants à peine. Le soldat colombien de la Légion étrangère française retenu en otage par des guérilleros (nouvelle fenêtre) est parvenu à s’enfuir en maîtrisant l’un de ses ravisseurs avant de se jeter dans une rivière les mains liées, a détaillé à l’AFP mardi 8 septembre une source militaire de haut rang. Le début d’un long périple de quatre jours à travers une région dangereuse des Andes colombiennes, avant de trouver enfin refuge dans un commissariat.
José Olger Melo Charry avait été enlevé le 6 août par un groupe dissident des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Ce caporal de la Légion étrangère de 35 ans se trouvait alors en permission et était rentré dans son pays pour les vacances. Il a été pris en otage (nouvelle fenêtre) alors qu’il circulait sur une route du Nariño, une région du sud-ouest du pays où opèrent des organisations liées au narcotrafic et à l’exploitation minière illégale. Près d’un mois après son kidnapping, il est parvenu à tromper la vigilance des ravisseurs et à s’évader jeudi 3 septembre (nouvelle fenêtre).
« Chaque fois qu’une moto passait, il se cachait »
Lundi, l’armée colombienne avait fait savoir que le légionnaire avait effectué un périple de quatre jours durant son évasion, mais n’avait pas livré de détails sur les conditions de celle-ci. Une source militaire de haut rang a finalement dévoilé mardi à l’AFP le déroulé spectaculaire de sa fuite.
Jeudi 3 septembre, José Olger Melo Charry a demandé à être conduit à l’écart pour faire ses besoins, a-t-il raconté à l’armée colombienne. Une fois seul avec son gardien, il a maîtrisé celui-ci et lui a pris son fusil, tout en ayant pourtant les mains entravées, a expliqué cette source. Toujours les mains liées, le trentenaire a ensuite sauté dans une rivière, réussissant à prendre la fuite.
Après être parvenu à se défaire de ses liens, il a marché pendant quatre jours à travers cette région des Andes colombiennes sous haute tension, jusqu’à parvenir à un commissariat de police dimanche. « Chaque fois qu’une moto passait, il se cachait »
derrière des rochers ou grimpait dans les arbres, a indiqué le responsable militaire sous couvert d’anonymat.
Dans sa déposition à l’armée, le légionnaire a également relaté avoir pris un repas chez un paysan, craignant cependant d’être dénoncé aux guérilleros (nouvelle fenêtre). Durant sa fuite, il a également réussi à contacter sa famille par téléphone. Celle-ci a informé les forces de l’ordre qu’il s’était évadé et marchait dans les montagnes.
Hospitalisé, il « bénéficie d’un accompagnement psychologique »
La source militaire a ajouté que le légionnaire était considéré comme un « gros poisson »
par les guérilleros et qu’il est resté ligoté, pieds et mains liés, pendant la majeure partie de sa captivité. Les autorités colombiennes avaient précisé que les ravisseurs n’ont jamais exigé de rançon (nouvelle fenêtre). Il a survécu « grâce à sa formation militaire et à son appartenance à la Légion étrangère »
, avait également déclaré une source militaire lundi à l’AFP.
Le militaire a été conduit dans un hôpital de Pasto où il « subit des examens médicaux et bénéficie d’un accompagnement psychologique »
, selon un responsable de l’armée. Placé sous la protection des forces de sécurité colombiennes, il « craint pour ses proches dans la région »
, a ajouté cette source.
D’après le commandant du Gaula, l’unité colombienne militaire spécialisée dans la lutte contre les enlèvements et l’extorsion, « il serait dans un état de santé assez préoccupant »
, a relaté la correspondante de LCI en Colombie Diana Valderrama, dans la vidéo en tête d’article. « Il serait déshydraté, il serait aussi blessé et il présente un état de santé mentale assez préoccupant avec un très fort stress post-traumatique, et presque une psychose »
, a-t-elle relaté.
Selon le ministère français des Armées, le soldat, qui ne dispose pas de la nationalité française, avait un permis l’autorisant à résider en France métropolitaine, mais pas à se rendre en Colombie.