- Un parent d’élève a été condamné jeudi à Toulouse à six mois de prison ferme après avoir menacé de décapitation l’enseignante de son fils.
- « Traumatisée », celle-ci est en arrêt pendant un mois et bénéficie de la protection fonctionnelle.
- Une équipe du JT de TF1 s’est rendue dans la commune du Fauga, encore sous le choc.
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Le 20H
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Le tribunal de Toulouse l’a condamné à six mois d’emprisonnement avec incarcération immédiate. À l’audience au palais de justice de la Ville rose, ce jeudi 10 septembre, un parent d’élève a confirmé avoir menacé de mort une enseignante de CM2 vendredi dernier au Fauga (Haute-Garonne). « Si tu étais un homme, je te couperais la tête »
, a déclaré le prévenu à la maîtresse sur le parking de l’école primaire, après avoir appris que celle-ci avait changé de classe son fils, qui aurait été insolent et turbulent. « Comment ça se fait qu’on traite mon fils de petit caïd ? (…) Je pourrais faire sauter l’école »
, aurait-il également affirmé selon le président du tribunal de Toulouse.
Déjà connu des services de police, puisqu’il a déjà été condamné à cinq reprises pour délit de fuite, recel, vol aggravé et conduite en état d’ivresse, le père a reconnu à la barre qu’il n’était pas fier de lui. Son fils va changer d’école, comme les deux autres enfants de la fratrie. « C’est le choc, on n’est pas habitué à ce genre d’événement dans une petite ville de 2.800 habitants »
, témoigne le maire (SE) du Fauga, Jean-Marie Puig, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article.
Ce sont des propos qu’on ne peut plus tenir en France par rapport à ce qui s’est passé (l’assassinat de Samuel Paty)
Ce sont des propos qu’on ne peut plus tenir en France par rapport à ce qui s’est passé (l’assassinat de Samuel Paty)
Un parent d’élève
Lundi matin, l’école a ouvert plus tard que d’habitude, avec une présence policière désormais pour rassurer les parents. « Je me souviens de l’
affaire Samuel Paty
(le professeur d’histoire décapité le 16 octobre 2020 par un terroriste islamiste, NDLR). Ce sont des propos qu’on ne peut plus tenir en France par rapport à ce qui s’est passé »
, réagit un parent d’élève. « Je trouve ça très grave et très excessif de la part d’un adulte surtout »
, ajoute un autre à notre micro.
En arrêt pendant un mois, l’enseignante a quitté la région. « Les propos qui ont été tenus par le mis en cause sont d’une gravité certaine. Et aujourd’hui, je défends quelqu’un de traumatisé »
, assure Me Jocelyn Momasso Momasso, avocat du rectorat de Toulouse. Elle bénéficie également de la protection fonctionnelle, ce qui signifie que l’administration prend en charge les frais d’avocat et qu’elle a accès à une cellule d’écoute psychologique.
Je n’imagine pas une seconde que la professeure menacée, se retrouve en face de la même famille à la grille
Je n’imagine pas une seconde que la professeure menacée, se retrouve en face de la même famille à la grille
Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a apporté sur X son soutien à la professeure « menacée de manière inadmissible (…) ainsi qu’à ses collègues, aux élèves et à leurs familles »
et a annoncé qu’une plainte avait été déposée. Il a ensuite rappelé au micro de TF1 le décret qu’il a signé cet été autorisant le changement d’école dans ce type de cas.
« Je n’imagine pas une seconde que la directrice de l’école, la professeure qui a été menacée, se retrouve demain matin ou dans trois jours en face de la même famille à la grille »
, a justifié Édouard Geffray. Le prévenu a, lui, l’interdiction d’apparaître aux abords de l’école et d’approcher la victime pendant trois ans.
Victor GAUTIER | Reportage TF1 : Yann HOVINE, Enza BENOCCI, Perrine MISLANGHE