- Vendredi, Emmanuel Macron a mis en garde contre l’intensification d’une « menace hybride russe ».
- Une alerte qui serait disproportionnée, selon certains commentaires.
- Nous avons regardé ce qu’en pensent nos voisins.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
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Quand Paris multiplie les alertes, certains crient à l’alarmisme. Tandis qu’Emmanuel Macron a insisté (nouvelle fenêtre) sur les risques d’intensification de la menace russe en France, quelques voix ont accusé le chef de l’État de « surestimer »
les capacités de Moscou, voire « d’exploiter »
politiquement ce dossier. Des critiques balayées par Benjamin Haddad. Ce dimanche 20 septembre, le ministre chargé des Affaires européennes a assuré que (nouvelle fenêtre) « tous nos voisins partagent le constat »
français. « Il suffit d’écouter les déclarations en ce sens des dirigeants allemands, polonais ou baltes ces derniers jours »
, a-t-il ajouté sur X. Alors, cette crainte fait-elle réellement consensus en Europe ?
Un diagnostic commun entre l’UE et l’Otan
Réunis le 26 juin dernier en Pologne, à Gdańsk, les membres de la Coalition internationale pour le « redressement » de l’Ukraine ont en effet décrit la Russie et ses attaques hybrides comme « la menace la plus importante, directe et durable »
pour la région. Dans cette déclaration (nouvelle fenêtre), la totalité des sept pays signataires, à savoir l’Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Suède, s’accordent à dire que le Kremlin et ses alliés « continuent de mener »
des actions « persistantes, coordonnées et croissantes »
. Et de lister les actions en question, dont « des actes de sabotage, des perturbations d’infrastructures critiques, y compris sous-marines, des cyberattaques, des violations de l’espace aérien »
ou encore « l’instrumentalisation des flux migratoires »
, dont celui qui a pu être observé en Finlande (nouvelle fenêtre). Une « politique hostile »
de Moscou devenue un frein à « la sécurité, la paix et la stabilité de la zone euro-atlantique »
.
Des observations qui ne sont pas propres à ces pays signataires. Le Danemark, où le Premier ministre a partagé au début du mois de juin une déclaration (nouvelle fenêtre)considérant la Russie comme la menace « la plus importante et directe »
, l’Allemagne, cible d’un envoi de drones chargés d’explosifs à l’aéroport de Leipzig, ou encore les Pays-Bas, qui ont convoqué l’ambassadeur russe (nouvelle fenêtre) après une série de cyberattaques, sont tous du même avis. De manière générale, les 27 États membres de l’Union européenne ont une position commune, puisque institutionnelle.
En juin dernier, le Conseil européen (nouvelle fenêtre) condamnait les « attaques hybrides récentes menées contre l’Union européenne et ses États membres »
menées par des « acteurs hostiles, notamment la Russie et la Biélorussie ». « Compte tenu de la persistance des campagnes hybrides menées par des acteurs hostiles (…) le Conseil européen appelle à redoubler d’efforts de toute urgence pour renforcer la résilience, améliorer la préparation, protéger les infrastructures critiques, ainsi que pour prévenir, dissuader et riposter aux attaques hybrides »
, ajoutait l’institution dans ses conclusions. Un texte adopté avec le consensus des chefs d’État ou de gouvernement de l’UE. Et avec lequel Londres tombe d’accord. Le 13 juillet, le Royaume-Uni a rejoint l’effort européen de « riposte »
faux aux « cybercriminels qui mènent des attaques malveillantes à travers l’Europe »
.
« De la direction d’opérations criminelles au ciblage d’entreprises, en passant par le bombardement du réseau énergétique polonais en plein hiver, l’État russe atteint de nouveaux sommets d’abjection dans ses tentatives de saper la sécurité européenne »
, a déclaré (nouvelle fenêtre) la ministre des Affaires étrangères outre-Manche. Même la Suisse acquiesce. Le 18 septembre (nouvelle fenêtre), le conseil fédéral du pays enclavé a identifié « la guerre russe »
et « les menaces hybrides »
comme des « défis majeurs »
, notant que les « menaces hybrides (…) sont en hausse ».
Idem du côté de l’Otan (nouvelle fenêtre), selon qui la Russie « demeure notre menace la plus importante »
, pour reprendre l’expression utilisée par Mark Rutte, secrétaire général de l’Alliance.
Des alertes qui se multiplient depuis l’été
Il existe donc bien un consensus européen très large sur le diagnostic. Les États membres s’accordent à dire que le péril pour la sécurité européenne est durable, qu’il vient de Russie et que les activités hybrides visent à affaiblir le soutien européen à Kiev, la cohésion entre alliés et la confiance dans les institutions démocratiques.
La seule divergence notable se trouve au niveau de l’amplification du phénomène. Ainsi, seuls certains États ont fait état d’un danger grandissant. Une différence qui s’explique par la multiplication des actions dont ces pays ont été victimes cet été. Comme l’a souligné Emmanuel Macron, les attaques se sont bel et bien « intensifiées »
dans certains États, notamment les plus exposés. Au début du mois (nouvelle fenêtre), Berlin a révélé qu’un drone chargé d’explosifs avait ciblé l’aéroport de Leipzig. Le 13 septembre (nouvelle fenêtre), la Pologne a estimé que Moscou « intensifie »
ses sabotages visant les pays alliés à l’Ukraine, après qu’un drone russe a visé un train reliant Kiev à Varsovie, à deux kilomètres de la frontière polonaise. Le lendemain, le Danemark a accusé (nouvelle fenêtre) les Russes d’avoir tiré des fusées éclairantes sur un hélicoptère militaire. Le 16 septembre (nouvelle fenêtre), l’Union européenne faisait état de violations répétées de l’espace aérien roumain.
Un danger croissant résumé par Kaja Kallas. Devant l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, la vice-présidente de la Commission européenne a affirmé que les actes de sabotage, les perturbations d’infrastructures critiques et les opérations de désinformation deviennent « plus fréquents et plus audacieux »
. Un constat qui vient représenter une position commune aux 27 États membres. Et qui précède l’alerte d’Emmanuel Macron.
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