- Les cosmétiques sont-ils de moins en moins synonymes de produits de luxe ?
- En période de crise, les consommateurs se tournent vers les produits vendus en supermarché, 30 % moins chers en moyenne.
- Les marques de distributeurs sont-elles vraiment au niveau ? Le 20H de TF1 s’est penché sur la question.
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Le 20H
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Quand il s’agit d’acheter des produits cosmétiques, Blandine a fait son choix : c’est la marque de son supermarché. « Je pense que j’ai eu plus de déconvenues avec des grosses marques qu’avec la petite marque Auchan, Leclerc ou même Lidl »
, affirme la jeune femme dans le reportage du 20H ci-dessus. « Vraiment, je n’ai rien à redire sur les marques distributeurs, au contraire d’ailleurs au niveau des prix elles sont plutôt intéressantes »
, estime-t-elle. Un discours de convaincue, que les chiffres confirment : un produit cosmétique sur 3 vendu en France est une marque distributeur (MDD).
Un packaging plus sobre
Soins pour le visage, shampoing, baume à lèvres, ils sont 30% moins chers en moyenne. Pourquoi une telle différence de prix ? Début d’explication avec cette crème hydratante. « Nous, on va avoir des
packaging
qui sont un peu plus standards, il n’y a pas d’effet de masse, (…) on va vraiment utiliser le minimum de ce qu’on a besoin pour avoir la contenance et tout ça nous permet aussi de réinvestir dans les prix et d’avoir des produits qui sont plus accessibles »
, explique Marie Martin, directrice marketing MDD des rayons hygiène et beauté chez Carrefour.
Mais le principal se joue à l’intérieur du pot. Les recettes des MDD ne gardent que l’essentiel du principe actif, pour faire baisser le coût du produit final. Le laboratoire Biophedra nous a ouvert ses portes pour nous aider à comprendre ce processus. Il fabrique des crèmes hydratantes et des soins pour le visage, pour des marques cosmétiques bien connues. Prenons l’exemple d’un sérum « anti-âge », vendu 15 euros le flacon. Comment pourrait-on diviser son prix par deux ?
Normes européennes
« On enlèverait l’extrait de lyphea, on pourrait aussi décider d’enlever l’or, qui coûte très cher »
, avance la cosmétologue Fatou Keïta. Deux produits de moins, sans perdre l’acide hyaluronique, principal élément hydratant de ce sérum. « Le produit serait certes un peu moins efficace, on aurait peut-être moins d’effet sur l’éclat du teint, avec le retrait de l’or, mais ça resterait un produit efficace avec de l’acide hyaluronique »
, estime la spécialiste. Et conforme aux normes européennes, très strictes en la matière.
Il en va tout autrement sur les plateformes chinoises de vente en ligne, où les produits aux prix alléchants ne sont pas tenus de respecter ces règles. De leur côté, les enseignes de déstockage ont une autre stratégie que les MDD, en proposant de grandes marques de beauté 30% moins chères. Pour y parvenir, les distributeurs achètent leurs produits en Italie ou en Espagne en très grande quantité, et font jouer la concurrence entre les grossistes.
Alors, tant que le produit respecte les normes européennes, peut-il être bon pour le corps sans pour autant coûter les yeux de la tête ? Nous avons posé la question à une dermatologue, avec une crème hydratante de marque distributeur. « Ce n’est pas forcément parce qu’une crème est très chère qu’elle est de meilleure qualité. Si votre peau n’a pas de problème particulier, ce sera une très bonne crème hydratante. Maintenant, si vous avez une peau réactive ou sensible, il faudra plutôt se tourner vers des produits de pharmacie ou de parapharmacie »
, suggère le docteur Séverine Lafaye. Avant d’acheter un cosmétique à prix cassé, il faut aussi faire attention aux produits trop parfumés, ou aux listes d’ingrédients à rallonge.