- En marge des manifestations du 24 octobre, des groupes de militants d’ultradroite ont sévi dans plusieurs villes.
- À Nice, dix hommes soupçonnés d’avoir participé à ces actions violentes ont été jugés ce mardi 27 octobre en comparution immédiate.
- Le 20H de TF1 a suivi les audiences.
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Ils sont trentenaires et se disent amis. Ce mardi 27 octobre, dix hommes poursuivis pour association de malfaiteurs et violences volontaires aggravées sont passés en comparution immédiate au tribunal de Nice. Ils sont soupçonnés d’avoir pris part samedi 24 octobre à des affrontements violents en marge de la manifestation niçoise. Les images de ces violences, visibles dans l’extrait du 20H de TF1 ci-dessus, montrent des groupuscules d’ultradroite vêtus de noir, arborant un brassard blanc et des cagoules.
« Le but du ministère public n’est pas de chercher à faire de l’idéologie, mais à lutter contre toutes les formes de radicalisation violente »
, a rappelé le procureur en début d’audience. Les dix hommes ont été interpellés à bord de deux voitures dont l’une contenait trois aérosols de gaz lacrymogènes, selon le parquet. Sur le téléphone d’un mineur qui les accompagnait, lui aussi interpellé, le message suivant a été retrouvé : « On va commencer la guerre ».
Ils évoquent une marche de soutien aux commerçants
Pourtant, devant les magistrats, tous ont nié avoir participé à des violences : « Je n’ai pas le temps pour aller manifester ou casser,
a affirmé l’un d’eux, gérant de pizzeria de 28 ans, sans casier judiciaire. Je ne fais pas partie d’un groupe identitaire. Nous sommes des travailleurs, des commerçants »
, a-t-il insisté.
Ils ont néanmoins reconnu avoir participé à une manifestation non déclarée en soutien aux commerçants, à l’écart des groupes d’ultradroite : « On marchait contre les
violences faites contre les commerçants
, j’insiste sur la marche pacifique »
, a déclaré un jeune entrepreneur de 29 ans, déjà condamné pour dégradation et violence.
Pour leur part, leurs avocats ont assuré que leurs clients étaient victimes d’un procès politique, dans un climat d’extrême tension : « On m’a dit : ‘Ah oui, tu es l’avocat des fascistes !’
, s’étonne Me Fabrice Scifo, avocat au barreau de Grasse. De qui vous parlez ? Parce qu’effectivement, on a donné cette étiquette à ce dossier, je ne sais pas pourquoi. »
Lorsque nos journalistes lui demandent s’il pense que les mauvaises personnes ont été interpellées, dans le reportage en tête de cet article, il répond : « Oui, ça c’est indéniable »
.
Tous les prévenus ont obtenu le renvoi de leur procès au 26 novembre pour préparer leur défense. Ils sont ressortis libres du tribunal, sans détention provisoire, ni contrôle judiciaire, ni interdiction de participer à des manifestations.
IM | Reportage TF1 : Ignacio BORNACIN, Sonia BOUJAMA et Audrey LALLI