- En France, une voiture sur quatre finira sa vie dans une casse automobile illégale.
- Cette activité est pourtant très encadrée avec des obligations strictes en termes de déclaration et de protection de l’environnement.
- Pourtant, les sites sauvages se comptent par centaines sur le territoire, et leur démantèlement est long et complexe.
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Le 20H
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Au milieu de 4 hectares de champs agricoles, sont dispersées des voitures hors d’usage par centaines, comme on peut le voir dans le reportage du 20H ci-dessus. Depuis plus de 20 ans, cette casse automobile illégale est installée sur la commune de Guenrouet, en Loire-Atlantique. « Là, on voit tout un tas de déchets, des monticules de terre, tout un tas de véhicules et c’est tout qui nous insupporte »
, montre Frédéric Millet, le maire (SE) de ce gros village à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Saint-Nazaire. En 2013, le propriétaire a reçu l’ordre de cesser toute activité et de nettoyer le terrain. Mais comme dans de nombreuses autres communes françaises, rien n’a été fait.
Il y a des feux de pneus avec des odeurs qui rendent l’atmosphère irrespirable.
Il y a des feux de pneus avec des odeurs qui rendent l’atmosphère irrespirable.
Une riveraine de la casse de Guenrouet
Depuis, le maire nous assure avoir tout tenté. « On lui a envoyé quelques recommandés lui demandant de cesser toute activité. Mais sans les services de l’État adaptés et les forces de l’ordre, tout le monde se sent impuissant. Cette situation qui perdure, c’est vraiment inconfortable »
, déplore l’édile au micro de TF1.
Inconfortable surtout pour les riverains, qui témoignent anonymement par peur de représailles de la part du propriétaire du terrain. « Il y a des feux de pneus avec des odeurs qui rendent l’atmosphère irrespirable »
, décrit une dame. « Ce qu’on peut craindre, c’est qu’il y ait des infiltrations, des choses qui ne sont pas si faciles que ça à détecter. Donc ça engage la qualité de l’eau. Il va quand même falloir un jour que ce terrain-là soit dégagé de tout ce qui s’y trouve »
, estime un homme.
250.000 véhicules traités dans la filière illégale
De son côté, l’épaviste nous assure respecter les règles de la pollution. « Tout est vidangé avant de démonter quoi que ce soit. Du moment que je suis déclaré au registre du commerce, c’est que je paye mes impôts et je paye tout. Je vois pas pourquoi j’aurais pas le droit de travailler chez moi »
, lance-t-il à notre journaliste au téléphone. Des casses automobiles illégales comme celle-ci, il y en aurait des centaines en France. Les autorités tentent de mettre fin à leurs activités mais leur démantèlement est long et complexe, tant les voitures sont nombreuses. Chaque année, 250.000 véhicules seraient traités par une filière illégale. Leurs pièces se retrouvent sur des sites de revente entre particuliers, sans garantie ni traçabilité. Nous avons répondu à l’annonce en ligne d’un vendeur.
Sur son terrain, des dizaines de voitures accidentées. Nous sommes venus voir l’une d’entre elles, récupérée en Roumanie. « Est-ce qu’elle est sous garantie, la voiture ? »
, demande notre journaliste en caméra cachée. « Ah non, moi je la vends telle qu’elle est. Je peux pas vous dire, elle a besoin d’une révision, je pense, pour reprendre »
, répond l’homme, qui reconnaît aussi à demi-mot qu’il n’a pas le statut de casse. Vendre une voiture en fin de vie est autorisé. En vendre un grand nombre sans le statut de casse ne l’est pas. Le démontage des véhicules et leur revente doivent être déclarés.
Comme dans la casse légale Rouen Automobile Services, à Saint-Etienne-du-Rouvray, chaque étape est encadrée. Prix des voitures, dépollution des liquides et contrôle des pièces récupérées. Dans les centres homologués, rien ne se perd, et tout est étiqueté. Toutes les pièces et matériaux sont récupérés, réemployés ou recyclés. « C’est vraiment important de valoriser toutes les pièces qui sont dedans. Il y a de la valeur environnementale, de la valeur économique, donc il faut traiter entièrement la voiture »
, explique la directrice générale de l’organisme Recycler mon véhicule, Vanessa Montagne.
Dernière étape indispensable, la destruction de la carte grise. Seuls les professionnels agréés peuvent le faire. Pour les propriétaires de casses illégales, les sanctions peuvent être lourdes : ils encourent jusqu’à 150.000 euros d’amende et 4 ans de prison.