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Présidentielle 2027 : une grande enquête pour départager les candidats au centre et à droite ? Ce qu’en pensent les sondeurs

Espace PresseBy Espace Pressenovembre 4, 2026
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  • Tandis que la possibilité d’une primaire en vue de 2027 se heurte toujours au refus d’Édouard Philippe, une autre idée fait son chemin : l’organisation d’un très large sondage.
  • L’objectif serait de départager les candidatures au centre et à droite, en interrogeant des dizaines de milliers d’électeurs.
  • Mais un tel dispositif serait-il vraiment utile ? Les sondeurs sont partagés.

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Élection présidentielle

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Au fil des jours, la pression s’intensifie sur le chef de file d’Horizons. Dimanche, Édouard Philippe a fermé la porte à une « primaire des démocrates » (nouvelle fenêtre) pour départager le centre et la droite, proposée par Gabriel Attal. Cette issue sera pourtant « inévitable », a martelé lundi 2 novembre sur TF1 le patron de Renaissance (nouvelle fenêtre), distancé dans les sondages par le maire du Havre, ex-Premier ministre macroniste comme lui. « Il faudra une primaire sans doute en début d’année », face au risque de ne voir personne accéder au second tour, a renchéri mardi le candidat de LR, Bruno Retailleau. Le blocage perdure malgré tout, au point que certaines voix appellent à privilégier un autre levier : une large enquête d’opinion, sur des dizaines de milliers d’électeurs. 

« On travaille aussi sur une possibilité, (…) un très grand sondage, quelque chose de très fort, avec 20.000, 30.000, 40.000 » sondés, a avancé dimanche sur LCI le député Renaissance Sylvain Maillard (nouvelle fenêtre). « Quelque chose d’assez puissant. Peut-être un(e), peut-être deux (enquêtes), qui montrent une tendance lourde », a-t-il ajouté. Auprès du Parisien (nouvelle fenêtre), son collègue Pierre Cazeneuve défend également un panel de « 30.000 à 50.000 sondés qui mettrait tout le monde d’accord », à l’inverse des différents sondages d’intention de vote actuels selon lui, « variables de l’un à l’autre ». Fustigeant « des multiplications d’hypothèses », il regrette « qu’à la fin, vous avez toujours un candidat pour dire que, dans telle ou telle configuration, on est dans la marge d’erreur ». 

Un large échantillon, un « atout » de taille ?

Une telle démarche serait-elle vraiment pertinente, aux yeux des sondeurs eux-mêmes ? Pour Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop, elle offrirait bien des « avantages forts ». « Si les candidats se mettent tous d’accord, ça peut donner une dimension de départage, d’arbitre », souligne-t-il. Mais c’est surtout la taille de l’échantillon qui représenterait selon lui un véritable « atout ».

« Si on est dans une logique de course des petits chevaux, pour identifier celui qui est le mieux placé, rien ne vaut un sondage d’intention de vote : mettre chaque candidat seul face à une offre politique différente (nouvelle fenêtre)« , explique-t-il, soulignant aussi l’importance de mener plusieurs enquêtes pour observer « l’évolution dans le temps » des dynamiques. Mais d’après lui, l’intérêt d’un vaste sondage serait aussi de se concentrer sur des sympathisants du centre et de la droite, « le cœur de cible », pour les interroger sur l’image des candidats en lice. Sans monter jusqu’aux chiffres évoqués par les deux députés macronistes, interroger 10.000 personnes permettrait déjà de faire en sorte que « la marge d’erreur n’existe pas », assure le sondeur. 

En septembre 2021, en amont de la précédente élection présidentielle, l’institut de sondage avait d’ailleurs déjà réalisé une grande enquête à la demande de LR : elle portait sur les prétendants à la primaire du parti, auprès d’un panel de quelque 15.000 sympathisants de la formation et votants « à droite ». À l’époque, les questions portaient sur les profils des candidats eux-mêmes, par exemple « qui est le plus à même de battre Emmanuel Macron » ou « Marine Le Pen », ou encore de « rassembler ». 

Cette fois-ci, un large sondage pourrait de même permettre de comparer en profondeur les candidatures : « Qui a la plus forte stature présidentielle ? Qui incarne le mieux les idées de la droite et du centre ? », imagine par exemple Frédéric Dabi. À la réserve près qu’en 2021, Xavier Bertrand était arrivé en tête sur de nombreux items de l’enquête, comme le soulignait par exemple Le Parisien (nouvelle fenêtre) à l’époque, mais il avait terminé quatrième à la primaire du parti, quelques semaines plus tard. Il était toutefois talonné par Valérie Pécresse, qui avait quant à elle remporté ensuite le match et avait été investie par LR pour la présidentielle (nouvelle fenêtre). 

« La campagne n’a pas totalement commencé » : l’épineuse question du timing

Pour autant, l’idée ne convainc pas tous les sondeurs. S’il estime de son côté qu’un panel de 10.000 Français de tous bords serait « un bon échantillon », Jean-Daniel Lévy juge en revanche qu’un très large panel de sympathisants n’aurait pas grand intérêt. « La précision ne sera pas beaucoup plus importante » qu’avec un échantillon classique d’un millier à quelques milliers de personnes, avance de son côté le directeur délégué de Harris Interactive. 

Par ailleurs, le spécialiste s’interroge sur le timing de la démarche. « Si l’idée est de le faire maintenant, ou en décembre, cela ne préjuge pas du tout des dynamiques de campagne qui peuvent s’opérer par la suite », observe-t-il. Pour reprendre l’exemple de Valérie Pécresse, « elle était mesurée à plus de 16% d’intentions de vote en décembre 2021, et elle a obtenu moins de 5% de voix au scrutin (nouvelle fenêtre)« . Dans les mois à venir, les cartes peuvent donc encore être rebattues dans la course à l’Élysée : « François Hollande sera-t-il candidat ? La situation internationale aura-t-elle évolué ? », s’interroge-t-il notamment.

À ce stade, « la campagne n’a pas totalement commencé », estime même le sondeur. « Quand vous interrogez les Français, ils ont du mal ne serait-ce qu’à savoir quels sont les avantages et les inconvénients de chacun des candidats à la présidentielle (nouvelle fenêtre)« . Faudrait-il alors attendre début 2027, et pourquoi pas le mois de février, date limite voulue par Édouard Philippe pour d’éventuels désistements dans sa famille politique ? « Des enquêtes auront déjà été réalisées par ailleurs », rétorque Jean-Daniel Lévy. De manière générale, une telle démarche reviendrait à « prêter au sondage une vertu qu’il n’a pas, presque prémonitoire, alors que l’on prend uniquement le pouls de l’opinion à un moment donné », insiste-t-il. 

Enfin, il faut aussi que les différentes équipes s’accordent sur le niveau d’écart de score qui permettrait d’identifier clairement un vainqueur. « Il y a la mesure et, après, l’interprétation de la mesure… », souligne le directeur délégué de Harris Interactive. Une réserve que peut également partager Frédéric Dabi. « Comme pour les enquêtes sur les intentions de vote, il y a des limites, à savoir la volonté des candidats de se maintenir jusqu’au bout », relève-t-il. « Qui veut y aller ? À quel prix on se retire, à quel prix on s’allie ? Ce ne sont pas des questions que les sondages règlent. »


Maëlane LOAËC

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