- Grâce à l’intelligence artificielle, des instituts français comme Curie et Gustave Roussy parviennent désormais à identifier des cancers inconnus et à proposer des traitements plus adaptés.
- Ces nouvelles technologies permettent d’améliorer significativement la survie des patients et d’accélérer les diagnostics.
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L’intelligence artificielle, cette technologie qui bouleverse nos vies
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L’intelligence artificielle transforme en profondeur la prise en charge des cancers en France. Cette révolution technologique permet de détecter des tumeurs à un stade très précoce et de concevoir des traitements sur mesure, adaptés à chaque patient. Plusieurs instituts français sont à la pointe de cette innovation médicale.
Interrogée dans le sujet en tête de cet article, Martine Payet-Burin en fait l’expérience depuis 15 jours. Elle peut à nouveau se déplacer et dormir dans sa chambre, grâce à un nouveau traitement. Elle maigrissait et déclinait à cause d’un cancer très particulier dont les médecins ne parvenaient pas à localiser l’origine. « Ce qui était surprenant, c’est de ne pas savoir où il était »,
témoigne-t-elle. Malgré deux biopsies et de nombreux scanners, le cancer restait inconnu.
7.000 cas par an en France
Comme Martine, 7.000 personnes chaque année en France sont touchées par ce cancer agressif et inconnu. À l’Institut Curie, elle a pu bénéficier d’un nouvel outil basé sur l’intelligence artificielle. Le programme a enregistré les données de dizaines de milliers de cancers de tous types. L’intelligence artificielle apprend ainsi à les reconnaître et à les identifier. « L’IA peut le faire, mais nous, on ne peut pas lire 10.000 profils de cancers avec 20.000 gènes à chaque fois »
, explique Dorian Bochaton, médecin oncologue.
Une fois qu’on lui donne le profil du patient, le système est capable d’indiquer de quel type de cancer il s’agit et comment le traiter. Les résultats sont toujours vérifiés par les médecins qui peuvent choisir un traitement plus adapté. Les bénéfices sont considérables : « On passe de 11 mois de survie à quasiment 19 mois de survie. C’est une augmentation majeure de la survie globale des patients grâce à une organisation qui utilise l’intelligence artificielle »,
précise Sarah Watson, médecin chercheur.
Martine Payet-Burin avoue avoir été sceptique au départ sur l’intelligence artificielle. « Je n’y croyais pas. Est-ce qu’on va vraiment faire quelque chose avec ça ? Et là, au point de vue médical, c’est fabuleux »,
confie-t-elle. La recherche dans ce domaine et les applications concrètes pour la prise en charge des malades se multiplient.
Des milliers de lésions analysées
À l’Institut Gustave Roussy, un système d’analyse des images scanner vient d’être mis au point. À l’origine, il y a un énorme travail des médecins. Depuis trois ans, des radiologues annotent 287.000 lésions une à une, de telle sorte que l’IA apprenne à savoir où elles se situent. Cela ne soigne pas directement, mais fait gagner beaucoup de temps pour les diagnostics.
Le docteur Roger Son va plus loin avec son équipe. Il est en cours d’élaboration d’un programme qui permet d’analyser les tumeurs sans prélèvement de tissus. « On est dans le concept de la biopsie virtuelle, c’est-à-dire qu’une fois qu’on a identifié les lésions, cet outil va permettre d’aller regarder dans chacune des lésions, un peu comme si on remplaçait le microscope grâce à de l’IA »,
explique-t-il. Le but est de mieux cibler pour mieux soigner et donner de l’espoir aux malades. « Vraiment, on a l’impression de guérir. Oui, je m’accroche »
, conclut Martine Payet-Burin.