- Un journaliste de Mediapart a tenté d’assister à la soirée de lancement du nouveau livre de Jordan Bardella, mercredi 4 novembre, à Paris.
- Il a été refoulé à l’entrée par les agents de sécurité, avant que plusieurs journalistes ne quittent la salle en guise de protestation.
- Des militants du collectif contre l’antisémitisme « Nous vivrons » ont par ailleurs protesté contre le président du RN à son arrivée.
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Il n’était visiblement pas le bienvenu. Un journaliste de Mediapart, venu assister à la soirée de lancement du nouveau livre de Jordan Bardella ce mercredi 4 novembre à Paris, s’en est vu refuser l’accès. L’incident est survenu peu avant 20h, lorsque les portes du pavillon Wagram ont commencé à s’ouvrir aux dizaines d’invités inscrits à la soirée organisée par Fayard, la maison d’édition attitrée du président du Rassemblement national.
« Ils ont été signifiés qu’ils n’étaient pas accrédités »
Le journaliste du site d’investigation, qui disposait d’un billet d’entrée nominatif, s’est vu opposer un refus par les agents de sécurité postés sur le seuil. Un de leurs collègues présent dans le hall à ce moment-là leur avait fait un geste explicite pour ne pas le laisser pénétrer dans le bâtiment, a pu observer un journaliste de l’AFP. « C’est une soirée privée, ils ont été signifiés qu’ils n’étaient pas accrédités »
, a justifié le directeur du service de presse du RN. En réaction, pour marquer leur opposition à cette décision, la majorité des journalistes en charge du suivi du parti a quitté le pavillon Wagram.
Cet épisode s’inscrit dans un climat de grande tension entre le RN et Mediapart, depuis la divulgation fin septembre des écrits de jeunesse antisémites attribués à Jordan Bardella, qui nie catégoriquement et a déposé plainte pour diffamation. Le site d’investigation avait déjà été chahuté par des militants et évacué sans ménagement par le service d’ordre à deux reprises lors du congrès du RN et du premier meeting de campagne de Marine Le Pen, fin octobre à Orléans.
En marge de la même soirée, une quinzaine de militants du collectif contre l’antisémitisme « Nous vivrons » s’étaient regroupés devant le pavillon Wagram. Pancartes et mégaphones en mains, ils ont scandé entre autres « Pas d’antisémites en République »
et « Bardella, ton antisémitisme ne s’efface pas »
.
Action du collectif « Nous vivrons » devant le Pavillon Wagram où Jordan Bardella lance son livre
Une protestation à laquelle le président du RN a réagi sur X (nouvelle fenêtre), avant même son arrivée sur les lieux, en accusant « l’extrême gauche (qui) manifeste contre… un livre »
et développe selon lui une « nostalgie des régimes totalitaires chaque jour plus inquiétante »
. Dans un autre post (nouvelle fenêtre), celui que Marine Le Pen (nouvelle fenêtre) promet de nommer Premier ministre en cas d’accession à l’Élysée a publié une photo avec l’inscription « vu et s’en tape »
en réaction à un message relayant l’information du journaliste refoulé à l’entrée.
« Je suis persuadé que le RN pourrait choisir un président moins limité intellectuellement par ses obsessions »
, a de son côté commenté le candidat insoumis à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, sur le même réseau social. « Qu’il se renseigne avant de parler : il est très peu probable que le groupuscule ‘Nous vivrons’, proche du PS, soit d’extrême gauche. »
La rédaction de TF1info avec AFP